· 

Agriculture Naturelle vs Permaculture

Masanobu Fukuoka et agriculture naturelle

Chères lectrices et chers lecteurs,

 

Ce papier fait suite à un article paru dans le magasine mensuel Biocontact n°288 de mars 2018 situé à la page 56.

 

L'article en question s'intitulait "De Fukuoka à Mollison et Cie". Je vous propose ici mon résumé critique de ce dernier.

 

Bonne lecture !

Résumé critique de l'article "De Fukuoka à Mollison et Cie"

L'article commence par nous expliquer les influences dont la Permaculture est redevable à l'Agriculture Naturelle mais pose comme postulat que l'on ne peut comparer l'une et l'autre.

 

Or, deux domaines sont incomparables lorsqu'ils émanent de deux mondes différents. Il me serait impossible, par exemple, de comparer l'Agriculture Naturelle à une partie de poker.

 

La Permaculture et Agriculture Naturelle, contrairement à ce qui est énoncé, sont donc comparables. Mais comparable ne signifie pas identique. Deux choses sont comparables même si convergences et divergences coexistent. C'est d'ailleurs le but d'une comparaison que de les mettre en lumière.

 

Le titre de cet article me pose problème. "De Fukuoka à Mollison et Cie" implique implicitement une sorte de filiation comme s'il y avait un début avec l'Agriculture Naturelle et une suite avec la Permaculture. Je suis assez pointilleux sur le choix des termes et ce n'est donc pas par hasard que j'ai utilisé celui de vs (versus) entre Agriculture Naturelle et Permaculture dans le mien.

 

En fait, mon titre s'explique par mon opposition à l'article dont je parle. Un meilleur titre aurait été Fukuoka et Mollison.

 

Toujours dans le premier paragraphe, j'apprends que l'Agriculture Naturelle n'est qu'une manière de cultiver alors que la Permaculture "est un art et une science" dont les concepts sont liés à une vision durable de l'agriculture mais pas seulement.

 

Si la partie concernant la Permaculture est vraie, qu'en est-il de celle concernant l'Agriculture Naturelle ? Si la vision pérenne de l'agriculture était absente des principes de Masanobu Fukuoka, j'avoue que je ne m'y intéresserait pas !

 

Ce qui me chagrine est cette volonté de montrer la supériorité supposée de la Permaculture. Or, Permaculture et Agriculture Naturelle ne sont qu'histoire de choix en fonction de ses convictions personnelles.

 

Restreindre l'Agriculture Naturelle à un simple ensemble de techniques pour cultiver est un non sens. Dois-je préciser que l'un des principes de l'Agriculture Naturelle est de ne pas cultiver la terre ! Dans le sens qu'attribue Fukuoka à ce terme, il faut comprendre ne pas labourer. Je peux admettre que l'utilisation de ce verbe dans la définition qui est donnée dans cet article à l'Agriculture Naturelle soit ambivalent. Mais si l'on proposait alors de définir l'Agriculture Naturelle comme étant une manière de faire pousser des légumes, je suis certain du fait que Masanobu Fukuoka rétorquerait que personne ne fait pousser des légumes, la Nature s'en charge !

 

Question de choix vous ai-je dit plus haut. Si j'ai choisi l'Agriculture Naturelle c'est pour son dépouillement, sa simplicité mais aussi pour être, et là c'est important, au service de la Nature et non l'inverse.

 

J'imagine que le terme "art" qui défini la Permaculture est à prendre au sens de la définition de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert. Quant au terme "science" il me semble un peu fort.

 

Mais revenons à la suite de l'article en question. Après une présentation succincte de Masanobu Fukuoka et de Bill Mollison, l'auteur insiste sur la rencontre de ces deux personnes. Il doit s'agir, à mon avis, de la première Conférence internationale qui eut lieu au Collège Olympique de Washington. Les trois intervenants étaient Bill Mollison, Wes Jackson et Masanobu Fukuoka (p. 370-372 - [Bill Morrison dans le texte, et non Bill Mollison] La Voie du Retour à la Nature - Théorie et pratique pour une philosophie verte - Masanobu Fukuoka - Le Courrier du Livre, 2012).

 

Cette rencontre, selon l'auteur, a changé l'évolution de la Permaculture, ce qui selon moi est fort possible.

 

Par contre, les paragraphes suivants expliquent les apports de l'Agriculture Naturelle à la Permaculture et je suis assez stupéfait d'apprendre que l'Agriculture Naturelle fasse partie de la panoplie d'outils du permaculteur.

 

Petit retour en arrière : l'article commence par annoncer que les deux domaines ne sont pas comparables mais finit par déclarer que l'un englobe l'autre.

 

Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il faut absolument démontrer la supériorité d'un domaine par rapport à un autre. Pourquoi justifier la Permaculture à tout prix ? Pour ma part, je trouve la Permaculture très respectable. Quant à Masanobu Fukuoka, il ne s'est jamais senti obligé de tirer vers lui la couverture de la Permaculture pour mettre en valeur l'Agriculture Sauvage (autre nom de l'Agriculture Naturelle).

 

J'ai parfois l'impression d'assister à une "guéguerre" futile entre Permaculture et Agriculture Naturelle. Toutes deux sont vraiment intéressantes, avec des points de convergence et de divergence.

 

L'une des divergences importantes à mes yeux est la non utilisation du compost en Agriculture Naturelle alors que la fabrication du compost est l'un des éléments essentiels à la Permaculture.

 

L'article se termine sur l'Agriculture Naturelle que l'auteur juge holistique. Il a raison de soulever ce point car l'un des points de vue de l'Agriculture Naturelle est de partir du principe que la somme des parties ne peut former le tout du départ.

 

Mais encore une fois, j'insiste : l'Agriculture Naturelle ne peut se définir de manière restrictive en énonçant qu'il ne s'agit que d'une méthode de culture à vision holistique !

 

La vision globalisante de Masanobu Fukuoka inclut dans l'Agriculture Naturelle bien d'autres facettes. Il s'agit d'une philosophie, d'une manière de vivre. Mais il existe un point sans lequel on ne peut prétendre comprendre l'Agriculture Naturelle. Je n'aborde que très rarement ce point puisqu'il s'agit de spiritualité et dès qu'on aborde ce sujet, il peut être mal compris ou mal interprété. Chacun voit midi à sa porte comme chacun peut voir Dieu où il le désire. En Agriculture Naturelle, on le trouve facilement dans le potager, dans le verger : on peut le nommer Nature.

 

Quatre autres points importants sont à souligner car manquant dans l'article : la restructuration des sols par les plantes, la biodiversité poussée à son extrême, le reverdissement des déserts et la seconde Genèse.

 

Pour revitaliser le sol appauvri des collines qu'il venait d'acquérir pour agrandir ses vergers, Fukuoka essaya d'abord le paillage, puis l'enfouissement de bois dans le sol. Ces techniques sont d'ailleurs utilisées en Permaculture. Mais les résultats de ces deux méthodes ne le satisfaisaient pas. Il opta par la revitalisation par semis. Pour plus de détails, voir l'article sur l'Agriculture Naturelle et Masanobu Fukuoka.

 

Quant à la biodiversité, on peut affirmer sans contestation que l'Agriculture Naturelle en a repoussé les limites dans sa manière de pratiquer l'agriculture. Herbes sauvages et faune ont autant d'importance que les végétaux semés par l'homme.

 

Reverdir les déserts est un engagement de l'Agriculture Naturelle. Je vous conseille vivement l'ouvrage suivant : "Semer dans le désert - Agriculture durable, remise en état de la terre et ultime recours pour la sécurité alimentaire", Masanobu Fukuoka, Guy Trédaniel Editeur, 2014 (1996 pour la version japonaise), Paris, 264 pages.

 

De cette notion importante aux yeux de Fukuoka en découle une autre, l'ultime devrais-je dire : la seconde Genèse.

 

En résumé, rien ne sert d'opposer ou de chercher une filiation entre l'Agriculture Naturelle et la Permaculture. Nous sommes libres de choisir notre voie en fonction de qui nous est cher. Je trouve la Permaculture très pertinente et ses concepts intéressants, tels que ceux de design, de buttes auto fertiles, de résilience.

 

Pour autant, c'est l'Agriculture Naturelle qui a retenu mon attention par son dépouillement. Car finalement, il suffit de semer et de ne faire qu'un avec la Nature.

LE Xiao Long

樂小龍

Le sceau chinois de l'artiste peintre LE Xiao Long sur lequel est écrit 樂小龍 qui en Chinois veut dire joyeux petit dragon.

Écrire commentaire

Commentaires: 8
  • #1

    dino (lundi, 09 avril 2018 14:30)

    Formidable cet article!
    Le design est très important pour le permaculteur . c'est un processus mental.
    L'agriculture naturelle est un non-agir, le "design" c'est la Nature qui s'en occupe...
    Deux visions et pratiques qui n'ont pas la même source...
    Pour ma part , j'essaye de cultiver à partir du centre (vacuité) et me confronte souvent à mon mental qui à peur( et si ça pousse pas?) qui veut contrôler (je vais semer ça là) etc..
    Clairement, L'Agriculture Naturelle est une vraie voie spirituelle.
    Merci pour ce que vous faites.

  • #2

    LE XIAO LONG (lundi, 09 avril 2018 14:49)

    Dino, merci infiniment pour ce commentaire qui me touche !

    Je comprends tout à fait votre inquiétude quant aux semis. Je m'apprête d'ailleurs à mélanger toutes mes graines (fleurs, légumes et arbres). Chaque année, à cette période, c'est un rituel qui au départ me remplissait d'angoisse, mais maintenant, c'est avec joie que je l'accomplis.

    Effectivement, vous avez raison concernant le Non Agir. Dans mon cas, je me contente de semer et c'est tout. Hier, en me baladant sur le terrain, je suis tombé nez à nez avec une salade romaine de belle taille que je n'avais jamais vu. Elle pousse dans les herbes folles. Lorsque je ne trouve qu'un seul représentant, je le laisse suivre son cycle, je ne le cueille pas. En fait, je lui souhaite une longue et durable descendance ;)

    Fukuoka disait à juste titre que celui qui ne s'intéresserait qu'au rendement s'éloignerait de l'Agriculture Naturelle et serait déçu par elle. Je n'éprouve que du plaisir quand je vois naître un arbre, un légume ou une fleur. Mon terrain change lentement mais surement. N'ayant pas quatre bras, je prends le temps mais un jour viendra où ce lieu sera assez proche d'un Eden :)

  • #3

    Richard Bourdeau (samedi, 14 avril 2018 23:55)

    Bill reconnaît que c'est Masanobu Fukuoka qui a le mieux défini la philosophie de la permaculture en cherchant à "imiter" la nature. Ce qu'il faut aussi comprendre c'est que l'agriculture naturelle n'est pas une technique mais une vision de la nature et de son fonctionnement pour produire ce dont nous avons besoin pour nous nourrir et nous loger simplement. Fukuoka ne s'est jamais reconnu comme permaculture. Il nous invite plutôt à considérer le "mu" l'idée de qu'est-ce que je ne pourrais pas faire pour laisser la nature m'indiquer le bon chemin en prenant le temps d'observer ce qui se passe lorsque nous la laissons agir sans perturber les écosystèmes. La permaculture étant défini par Bill comme un science du design, nous invite en tout premier lieu à l'observation attentive pour comprendre les processus biologiques dans les écosystèmes et le mileu dans lequel nous nous trouvons. Fukuoka et Mollison accordait beaucoup d'importance au fait de bien connaître ou observer notre milieu pour mieux le connaître pour adaptre nos intervention en vue de travailler avec la nature :-)

  • #4

    LE XIAO LONG (dimanche, 15 avril 2018 10:26)

    Bonjour Richard,

    Effectivement, comme vous le dites, Masanobu Fukuoka ne se reconnaissait pas comme permaculteur, c'est bien ce que j'ai souligné lorsque je dis "[...] Masanobu Fukuoka [...] ne s'est jamais senti obligé de tirer vers lui la couverture de la Permaculture pour mettre en valeur l'Agriculture Sauvage (autre nom de l'Agriculture Naturelle)".

    Quant au "Mu", cette notion de vide, de non-existence qui englobe l'origine de toutes choses et l'antithèse de l'existence, vous avez bien fait de la mentionner. Ce concept bouddhiste d'où découle la notion de Non-Agir ne se résume pas seulement à cette dernière. Là encore, la vision globalisante de Fukuoka nous fait voyager à travers plusieurs domaines car le Mu a une portée économique, politique et sociétale aboutissant à une véritable révolution (dans le sens bouleversement) dont l'objectif est donné par Fukuoka en ces termes : "l'agriculture sur mille mètres carrés pour tous".

    Quant à la notion de Non Agir, certains la confondent avec ne rien faire (je ne dis pas ça pour vous). Or le Non Agir qui déborde encore une fois sur plusieurs domaines dont celui de techniques dans le sens où je prends ce terme, c'est-à-dire issu de l'Ethnologie, plus précisément de l'Anthropologie des Techniques. Marcel Mauss la définie ainsi : "acte traditionnel efficace". Sans techniques, l'Agriculture Naturelle ne peut exister car elle serait synonyme d'abandon de la Nature. Semer est une technique, réaliser des seed balls aussi, par exemple.

    C'est certainement votre première phrase qui résume assez bien l'ambiguïté entre la Permaculture et l'Agriculture Naturelle. Que Mollison déclare que Fukuoka définit le mieux la "philosophie" de la Permaculture, c'est l'opinion de Bill mais non celle de Masanobu puisque ce dernier n'est en aucun cas un permaculteur.

    Merci pour votre commentaire qui a permis d'éclaircir certains points ;)

  • #5

    Le potager du bienheureux (samedi, 28 avril 2018 21:59)

    Salut. Ds ma premiere video je me suis defendu d etre permaculteur ca je ne voulais pas avoir d etiquette et forcement de critiquer les autres formes d agriculture.
    Malheureusement l homme est ainsi fait,se parfaire dans ce sentiment de superiorité au lieu de communier avec ses Freres .
    Pour moi il y a du bon dans tout,et surtout vivre en harmonie avec la nature.
    Un gars qui est plaisant a ecouter est mr pierre rabhi. Comme quoi dans toute les cultures,les contrèes ,il y a des hommes qui convergent dans le sens de la Nature.

  • #6

    LE XIAO LONG (dimanche, 29 avril 2018 00:09)

    Salut Ludo ;) Effectivement, les choix nous appartiennent et nous sommes tous libres de suivre une ou plusieurs voies. J'ai lu quelques ouvrages de Pierre Rabhi et visionné certaines de ses interventions. La voie qu'il a choisi est intéressante. Quelques soient nos choix, l'important est de penser aux générations futures et aux legs que nous leur laisseront.

  • #7

    Florian (lundi, 30 avril 2018 10:59)

    Bonjour LE XIAO LONG,

    Tout d'abord, merci pour avoir ouvert cet espace de débat concernant l'agriculture naturelle et l'approche de M. FUKUOKA.
    Je rejoins votre avis sur le fait qu'il n'est pas pertinent de hiérarchiser les pratiques, l'agriculture naturelle n'étant pas un simple "outil" au service de la permaculture.
    Contrairement à ce qui est écrit dans cet article, l'agriculture naturelle n'est pas "une des solutions que le permaculteur a dans sa boîte à outils".
    Il s'agit de deux conceptions voisines, qui peuvent avoir des finalités proches, mais qui sont le produit de visions qui divergent en de nombreux points.
    J'aurais tendance à considérer que la permaculture correspond à une vision matérialiste, voire scientifique, alors que l'agriculture naturelle adopte une approche largement spirituelle.
    Cependant, il me semble que l'article auquel vous faites référence, rédigé par Salvador DETREZ, a tout de même le mérite d'aborder cette question centrale en rappelant à juste titre que la vision de M. FUKUOKA est non-dualiste, non-discriminante et non-materialiste.
    Et c'est justement ce qui fait, à mon sens, la profondeur de la pensée de M. FUKUOKA. Contrairement aux concepts de permaculture, M. FUKUOKA ne raisonne pas en termes de gestion des flux, de production, de rendement ou de maximisation des échanges.
    Sa pratique est guidée par la conviction que l'action de l'homme est souvent limitée par son savoir : "Ces rêves de scientifique ne sont que des mirages, rien de plus qu'une danse folle dans la main du Seigneur Bouddha. Même si l'homme de science modifie le vivant et le non-vivant à son gré, et créé une nouvelle forme de vie, les fruits et les créations du savoir ne pourront jamais outrepasser les limites du cerveau humain. Aux yeux de la nature, les actions qui émanent des connaissances humaines sont toutes futiles" (M. FUKUOKA, in L'Agriculture naturelle, Ed.G. Tredaniel, p.40).
    En effet, dans le bouddhisme, le savoir est un obstacle à la compréhension profonde car si nous avons une certaine idée de la vérité, nous risquons de nous y attacher tellement que nous resterons fermés à toute autre possibilité. M. FUKUOKA s'attache à respecter la co-existence de toute chose, comme dans le bouddhisme zen : comme dit le poète "l'univers entier tient à l'extrémité d'un cheveux ; le soleil et la lune sont dans une graine de moutarde".
    M. FUKUOKA est plus témoin du miracle de la nature qu'il n'est acteur : sa démarche consiste à observer et à revenir à un état de simplicité pour ensuite "laisser faire", alors que la permaculture tente d'optimiser une production d'énergie dans un système qui tend à l'équilibre (pas de gaspillage, autosuffisance, recyclage etc...).
    L'agriculture naturelle n'est donc pas seulement une technique mais pose plus largement la question du sens profond de notre existence et de notre rapport au monde, question qui n'est pas évoqué expressément dans la permaculture...
    Comme le dit Pierre RABHI, "on peut manger bio et harceler son voisin"...
    L'approche de M. FUKUOKA ajoute donc une dimension spirituelle qui dépasse la seule pratique agricole.
    Et c'est notamment la raison pour laquelle on est libre d'y adhérer, ou pas. Car elle implique plus que l'apprentissage "simple" savoir, elle demande un véritable engagement spirituel (et non pas religieux)...L'acceptation de l'existence d'un principe supérieur qui serait de l'ordre du divin (quel que soit le nom que l'on peut lui donner).
    Cordialement

  • #8

    LE XIAO LONG (lundi, 30 avril 2018 16:29)

    Un grand merci Florian pour votre intervention ! Que du bonheur !

    Je vais vous avouer quelque chose. Lorsque j'écris, j'essaie toujours de laisser une porte de sortie aux personnes que je pourrais offusquer sans le vouloir. C'est une manière d'être qui me vient de mes études en Chine, à Taiwan. C'est lié à la notion de face et j'y tiens.

    J'ai mes convictions personnelles mais je ne tiens pas à les imposer. Alors, je sème ça et là des indices au fil de mes écrits. Vu le contenu de cet excellent commentaire que vous venez d'écrire, je pense que vous l'avez compris.

    Question de choix, je le répète souvent ! Je n'ai pas choisi la Permaculture.

    La référence au Bouddhisme que vous faites dans votre écrit me plonge quelques années en arrière lorsque je faisais une ethnographie sur un groupe de sculpteurs à Yilan. Ces sculpteurs, tous devenus mes amis, fabriquent encore des statues pour les temples bouddhiques et taoïques.

    Pendant mon terrain (c'est ainsi que l'on parle de ses études en Ethnologie), j'ai souvent eu l'occasion de rencontrer des moines bouddhistes et des prêtres taoïstes. Ils étaient les clients de mes amis. En effet, spiritualité, religion et ce que nous faisons des religions sont trois domaines différents aux frontières non hermétiques.

    Lorsque je dis à mes amis que peu m'importe les récoltes, ils regardent bizarrement. Au moment où je vous réponds, je vois un beau pied de céréale qui pousse à côté de la porte-fenêtre. Cela me suffit pour me donner le sourire. Il s'agit certainement d'une seed ball ou d'une graine que j'ai jetée en me baladant. Je mettrai une photo sur ma page Facebook, vous pourrez ainsi la voir.

    En tout cas, merci encore pour votre intervention que je vais m'empresser de signaler aussi sur Facebook.