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WWF : rapport sur le réchauffement climatique

fleurs de mizuna, chou japonais, agriculture naturelle

Chères lectrices et chers lecteurs,

 

Je vous invite, par le biais de ce petit article, à découvrir le nouveau rapport du WWF à propos de l'impact du réchauffement climatique sur la biodiversité.

 

 Bonne lecture !

Les projections de WWF

agriculture naturelle, fukuoka, biodiversité
Agriculture Naturelle et biodiversité

Ce nouveau rapport de WWF s'intitule "La nature face au choc climatique".

 

Il comporte 44 pages que vous pouvez télécharger sur le site de WWF.

 

Je vous invite vivement à le lire car il éclaire sur des scenarii possibles en fonction des choix que nous ferons face au réchauffement climatique.

 

Ces scenarii sont au nombre de trois et sont classifiés par limites maximales de température.

 

Le premier cas est celui où le monde connaîtrait un réchauffement maximal de +2° Celsius (Cf. l'accord de Paris). Le second cas présenté est un monde à +3,2C (Cf. les accords de la COP 21 pour les années 2025-2030). Pour finir, le troisième scenario est un monde à +4,5°C. Ce dernier cas est celui qui pourrait arriver dans l'hypothèse où nous ne ferions rien pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Impact sur la biodiversité

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épis de grand épeautre - Agriculture Naturelle - 1er juin 2017

En fonction des trois scenarii, le rapport du WWF nous explique les conséquences concernant la biodiversité animale et végétale.

 

Dans ce rapport, les végétaux forme un seul et unique groupe : les plantes ; tandis que les animaux sont subdivisés en quatre groupes distincts : les oiseaux, les mammifères, les amphibiens et les reptiles

Dans le pire des cas, le pourcentage d'extinction d'espèces atteindrait près de 50%. Quant au scenario le plus raisonnable avec un monde à +2°C, le taux d'extinction serait de moitié moins.

 

Cette étude sérieuse présente 35 écorégions prioritaires du WWF à travers le monde. L'un des points importants est l'élaboration de corridors pour accompagner les animaux dans une migration qui sera une des conséquences du changement climatique. Effectivement, à force d'avoir une vision anthropique des migrations, n'oublions pas qu'elles concerneront aussi les animaux à la recherche de nouveaux territoires plus adaptés à leur mode de vie.

Limites du rapport du WWF

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Agriculture Naturelle

Malgré le sérieux de l'étude et l'effort de vision globale sur le monde végétal et animal, nous pouvons souligner un grand absent du monde à six pattes.

 

En effet, les insectes n'ont qu'une seule et unique mention à la page 23 du rapport.

 

Idem pour le monde végétal où les champignons semblent passés sous silence.

 

Je ne jette pas la pierre à WWF mais face aux résultats de leur étude qui sont déjà catastrophiques dans les trois scenarii proposés, je crains le pire si nous ajoutions ne serait-ce que les insectes dans leur logiciel. D'ailleurs, WWF énonce les limites de leur étude en page 16 de leur rapport.

 

J'avoue être d'accord avec leur conclusion qui pourrait se résumer ainsi : les accords de la COP 21 ne sont pas suffisants.

Conclusion

biodiversité, agriculture naturelle selon Masanobu Fukuoka
Agriculture Naturelle et biodiversité

Le monde de demain risque fort de ne plus ressembler au monde d'aujourd'hui.

 

Il faut prendre conscience qu'une extinction massive des espèces serait tragique.

 

Je vous laisse imaginer ce que cela aurait comme répercussion sur la médecine, par exemple, si nous nous intéressons ne serait-ce qu'au monde végétal.

 

Chères lectrices, chers lecteurs, ne pensez pas que nous sommes impuissants face au réchauffement climatique. Si nous baissons les bras, ce sont nos enfants qui le paieront.

 

Les moindres petites actions mises bout à bout sont importantes. N'oublions pas que dans nos actes d'achats nous pouvons influencer les producteurs et les industriels.

 

N'hésitez pas à lire ce rapport dont le lien est situé en haut de page. Parlez-en autour de vous, c'est important.

LE Xiao Long

樂小龍

Le sceau chinois de l'artiste peintre LE Xiao Long sur lequel est écrit 樂小龍 qui en Chinois veut dire joyeux petit dragon.

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Commentaires: 16
  • #1

    Olivier le Carolingien (vendredi, 25 mai 2018 00:15)

    Coucou :)

    "Le monde de demain risque fort de ne plus ressembler au monde d'aujourd'hui"

    Mais pourquoi devrait-il demeurer inchangé juste pour nos beaux yeux ?
    Notre monde n'est que fluctuations, variations et changements depuis son origine, certains se réalisant sur de longues périodes géologiques, d'autres sur de très cours laps de temps.
    Il faut accepter cela...et s'adapter, c'est un paléontologue qui te le dis lol!!!
    (ton DEA en ethnologie et ta passion pour le sumie ont chez moi leur équivalence : DEA en paléontologie et passion pour la musique :) )

    Sinon pour tout te dire, je suis un fieffé climatosceptique, non pas par idéologie ou complotisme, mais en tant que scientifique ayant parfois des poussées ponctuelles d'intelligence et de bon sens :)
    Sans développer, ce n'est pas la variation du taux de CO2 atmosphérique qui provoque des changements de température, c'est juste le contraire...et cela avec un décalage d'à peu près un siècle (inertie thermodynamique de la Terre).
    Depuis la fin du Cénozoïque nous observons une alternance plus ou moins régulière de périodes glaciaires et inter-glaciaires. Nous sommes actuellement dans une période inter-glaciaire, il est donc normal qu'un réchauffement global se produise. Encore que par réchauffement il faudrait un peu plus creuser. En climatologie il y a imbrication de nombreux cycles d'échelles temporelles variables.
    Par exemple on peu avoir un refroidissement ponctuel dans un processus de réchauffement plus global, lui-même compris dans une phase de refroidissement à grande échelle...etc etc...
    Là, l'analyse produite dépendra surtout de l’honnêteté de l’analyste et de la période considérée.
    En prenant des petits bouts de temps, on peu raconter ce que l'on veut :)

    Toi qui est connecté à la nature ne ressents-tu pas que de petites causes engendrent de grands effets, par exemple réfléchi sur ce qui produit les alternances des saisons.
    Là il faut bien sûr revêtir un scaphandre de cosmonaute (ou astronaute, au choix).
    Pour les variations climatiques l'essentiel des causes se trouve dans l'espace :)
    Restent ici bas, tectonique des plaques, phases orogéniques et volcaniques, variations des grands courants océaniques et les fluctuations de la vie...

    Et la vie, vie végétale en particulier a besoin d'un élément rare, bien trop rare : le CO2.
    Il n'y en a à la louche que 0,05 % dans l’atmosphère. Si ce taux augmente, à la plus grande joie des plantes, ces dernières vont pousser plus vite et devenir plus grandes comme au Carbonifère où elles ont tant pompé le CO2 que le taux a chuté de manière drastique.
    N'est-ce pas là un bel exemple de la régulation naturelle, phénomène qui échappe à bien des fous, les thuriféraires du profit, du toujours plus ?

    Bonne nuit !

  • #2

    LE XIAO LONG (vendredi, 25 mai 2018 10:39)

    Salut Olivier,

    Je t'accorde que la fixité est une illusion, surtout lorsque l'on s'intéresse au monde du vivant. Idem pour le climat et les saisons qui se suivent mais ne sont pas toujours semblables, excepté à l’Équateur. Et là, je parle de temps humain.

    A une échelle de temps supérieure, le mouvement est plus flagrant, c'est vrai.

    Il ne faut pas oublier une chose importante. Cette stabilisation aux variations douces est le facteur déterminant qui a permis à l'Humanité de développer l'agriculture (Cf. Néolithique).

    Des extinctions, il en a eu d'autres mais cette sixième est très différentes des autres avec une échelle de temps accélérée. Là est le véritable problème car si la Vie a toujours trouvé un chemin c'est parce qu'elle transcende le temps mais là, un temps qui n'est pas le sien lui est imposé entre autre par l'activité humaine.

    Il a fallu du temps pour que la Vie sorte des océans, que les minéraux accueillent les premières mousses et pour qu'au final les plantes inventent ce que nous nommons des graines.

    Nous sommes le produit des cinq dernières extinctions. C'est un Nous global, pas spécialement nous les Homo Sapiens pas si Sapiens que ça. Et là encore la différence est énorme car dans ce Nous global, il y a le petit nous les hommes.

    Notre activité a-t-elle des influences ? Oui, comme toute présence de vie. Des influences sur l'environnement ? Oui, c'est indéniable et à une échelle très importante. Des influences sur la météo (je n'écris pas climat pour une bonne raison) ? Oui, il suffit de s'intéresser aux Chinois qui savent faire pleuvoir. Nous savons aussi arrêter les pluies lorsque nous créons des déserts ! Des influences sur le climat ? La question est délicate car tout dépend de l'optique que nous prenons. Notre planète a connu des changements climatiques sans et avec la présence des Hommes et elle continuera son petit bonhomme de chemin.

    La difficulté est donc de déterminer l'influence de l'activité humaine sur le climat sachant que ce dernier suit déjà sa propre évolution.

    D'un autre côté, les termes que j'ai employés, à savoir, environnement, météo et climat ne sont que des concepts humains. La Nature englobe Tout sans aucune discrimination.

    Concernant les plantes et les animaux, l'activité humaine joue un rôle important. Il est toujours plus facile de détruire que de construire. Je n'aime pas la facilité.

    Comme toi, je n'adhère pas à la théorie du complot. Je suis plutôt attiré par la théorie de la connerie. Lorsque je lis sur les réseaux sociaux que la disparition des abeilles est une volonté de la part des inventeurs des drones pollinisateurs, je me dis qu'un marchand de neurones aurait du fric à se faire !

    D'ailleurs, il est intéressant de noter que le changement climatique annoncé corresponde à une période de scepticisme scientifique. A mon avis, nous sommes face aux prémices d'une chute de civilisation. Lorsque je lis qu'un Français sur 10 pense que la Terre est plate, j'ai bien peur que Thomas Pesquet soit allé dans l'espace pour rien ! Les civilisations meurent aussi, il ne faut pas l'oublier.

    A l'heure de l'intelligence artificielle, notre intelligence devient de plus en plus superficielle.

  • #3

    Olivier le Carolingien (lundi, 28 mai 2018 17:53)

    Hello Pat

    Après gamberges et recherches d'éléments...je voudrais d'abord revenir sur la notion de "théorie du complot".
    Je ne peux y adhérer, ou pas, en tant que ce machin a été inventé par le système afin de ridiculiser les dénonciateurs de vrais complots par amalgame avec ceux qui croient en des sornettes.
    Car vois-tu (je ne sais plus qui a dit cela) : il y a deux attitudes stupides, voir des complots partout et n'en voir nulle part.

    A partir ce cela je classe a priori les "complots" en trois catégories :
    1- les complots avérés (existence de preuves, levées de secrets, documents déclassifiés, nouveaux éléments probants...)
    2- les complots possibles mais évidemment non certains, et qui méritent ou pas d'être étudiés; ils seront donc confirmés ou invalidés dans le futur car d'après une citation de Bossuet dont l’intitulé exact m'échappe (c'est l'âge lol!!!): le temps révèle tout.
    3- les débilités comme celle que tu prends en exemple, la Terre plate. On a aussi au choix : la Lune creuse, les Illuminati ou les reptiliens comme maîtres du monde, les arbres géants qui sont en fait des intrusions plutoniques ou magmatiques dégagées par l'érosion etc etc. Tout ce salmigondis se réfute aisément.

    Et oui il y a des complots avérés comme les opérations Gladio, MKUltra, Fortitude, Ajax, Paperclip...j'en passe des pires et des meilleures.
    L'Histoire en est truffée...
    Autre exemple de l'existence de complots : la Constitution de 1958, acte fondateur de la Vème République, dans son article 68 précisait "Les membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. La procédure définie ci-dessus leur est applicable ainsi qu'à leurs complices dans le cas de complot contre la sûreté de l'État. Dans les cas prévus au présent alinéa, la Haute Cour est liée par la définition des crimes et délits ainsi que par la détermination des peines telles qu'elles résultent des lois pénales en vigueur au moment où les faits ont été commis."
    Qui peut dire que de Gaulle fut complotiste pour utiliser le mot "complot" ?
    L'incrimination de "complot contre la sûreté de l’État" a été curieusement supprimée par la loi constitutionnelle n°93-952 du 27 juillet 1993 - art. 2 JORF 28 juillet 1993, en toute discrétion et sans que le bon peuple de France soit consulté. Est-ce complotiste de le préciser ?

    Donc, je conseillerais à chaque esprit rationnel d'examiner chaque "dossier complot" avec bon sens, rationalité et ce qu'il faut de recherches d'éléments probants...ou pas. Ce qu'il faut est une approche circonstancialiste pure et dure.
    C'est dans cette optique que je me suis attelé il y a quelques années au fameux "réchauffement climatique" qui curieusement dans la communication du système devient petit à petit "dérèglement climatique". S'il y a "dérèglement", j'aimerais bien savoir qui "règle" le climat et en quoi le climat devrait être "réglé" lol!! Bref...
    Tu as des scientifiques qui s'opposent à ces enfumages, rares il est vrai car il faut du courage et des burnes bien placées pour risquer, et sa carrière, et ses crédits de recherches. Perso je m'en tape le coquillard étant un chercheur libre et indépendant (du moins autant que possible) :)

    à suivre

  • #4

    Olivier le carolingien (suite 1) (lundi, 28 mai 2018 17:57)

    Toujours sans développer et en complément de ce que j'ai déjà avancé précédemment je voudrais soumettre à ton bon sens les points suivants :

    1- Lorsqu'il s'agit de température dans le cadre des climats, le premier élément qui vient à l'esprit est le Soleil et non pas le taux de CO2 atmosphérique. Héhé.

    2- A l'origine de la communication "grand public" d'Al Gore dans son film "Une vérité qui dérange" en 2006 j'ai tiqué sur un truc. Le film montrait deux courbes similaires et superposées, l'une représentant l'évolution de la température globale et l'autre, les variations du taux de CO2 atmosphérique. Et Al Gore de conclure que la deuxième courbe est la cause et la première, la conséquence. En absence de tout argument cela pourrait très bien être en théorie le contraire. C'est justement le cas et, je le répète, les courbes ne sont pas superposées dans la réalité mais décalées d'à peu près un siècle.
    Une sacrée couille dans le potage, tu en conviendras...

    3- Le choc des photos au profit du poids des mots. C'est une méthode journalistique ou de communication classique : un pauvre petit ours blanc en équilibre instable sur un bout de banquise qui dérive, de gigantesques pans de glace qui s'effondrent dans les eaux marines.
    Ça marque les esprits hein, c'est convaincant mais en fait c'est faux, au mieux ambigu. L'ours blanc est dans son biotope normal et à en croire les Inuits, ils sont loin d'être en voie de disparition comme on le prétend. Et pour le deuxième exemple, il peut tout aussi bien s'agir d'un phénomène normal. Après tout, la débâcle ça existe en période printanière et estivale ou alors un glacier avançant lentement, fini forcément sa course en s'effondrant ou fondant, dans la mer, ou pas.
    Si je te dis "attention il va grêler en Gironde, aussi fais attention à tes bananiers" tu vas recevoir l'info, normal. Mais si j'accompagne ma mise en garde d'une photo montrant des bananeraies complètement dévastées, là l'info va être encore plus efficace.

    4- Le fameux (et vilain) CO2, LE gaz à effet de serre responsable de toutes les horreurs que nous subissons et que nous allons subir lol!!!
    Foutaises ! Le gaz à effet de serre par excellence est la vapeur d'eau, le CO2 n'ayant qu'un rôle secondaire (de mémoire les proportions respectives sont de 60-70% contre 20-30%). Il faut prendre en compte 1- la proportion du gaz considéré et 2- sa capacité à restituer la chaleur induite par le rayonnement UV reçu, donc non réfléchi par l’albédo.
    Alors si l'on suit leur raisonnement fallacieux, il faudrait en réalité réduire de manière drastique l'évaporation des océans et maintenir l'hygrométrie atmosphérique à un niveau très bas.
    Finis donc les nuages mais aussi brouillards et pluies nourricières. Tu vois le topo ?
    Ce n'est vraiment pas sérieux :)

    Non, en définitive les paramètres majeurs (et astronomiques) induisant tous les cycles climatiques s’imbriquant les uns dans les autres sont :
    - les variations de la trajectoire elliptique de révolution de la Terre autour du Soleil
    - les variations de la précession, de la nutation et de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre
    - les variations du cycle solaire (éruptions solaires en particulier).

  • #5

    Olivier le Carolingien (suite 2) (lundi, 28 mai 2018 17:58)

    Et pour revenir à ce que tu as écrit, je suis globalement OK avec toi.
    Quelques précisions :

    L'essor de l'agriculture au Néolithique a pu se dérouler car nous étions au début d'une période interglaciaire après la glaciation du Würm.

    Difficile pour moi de chiffrer sur un si court laps de temps la rapidité et l'importance des extinctions.
    Et quid des apparitions ? Par exemple dans le gigantesque continent de plastique situé dans le Pacifique sud on assiste à l'apparition de nouvelles bactéries...qui bouffent le plastique.
    Ce que les gens en général et le Système en particulier omettent ce sont les effets pervers, ceux-ci étant positifs s'ils s'expriment en conséquence de phénomènes négatifs...et c'est tant mieux car un jour ou l'autre le Système va se prendre dans la tronche un sacré retour de manivelle !

    L'influence humaine sur le climat : probablement certaine (surtout si l'on considère les trainées persistantes des avions, ce que d'aucuns nomment "chemtrails". Complot ? Non c'est officiel depuis que l’État de Californie s'est plaint devant le Congrès de la réduction du rendement des récoltes à cause de la pollution et de la réduction de la photosynthèse due à ces voiles artificiels) mais sans doute négligeable. Quant à "notre" activité toxique, il faut plus la chercher dans les pollutions pures et dures que dans les fantaisies climatiques :)
    En tout cas c'est un vaste terrain d'investigations qui est loin d'être cerné, quoiqu'en disent les médias simplificatrices.

    En ce qui concerne la baisse de la culture et de l'intelligence humaines, c'est un tout autre sujet.
    Mais il est exact que les symptômes en découlant sont le recul des connaissances et de l'esprit rationnel au profit des croyances et des superstitions.
    Mais au delà de la sémiologie il faut se concentrer sur l'étiologie...terrain miné de complotisme !

    Voili voilu :)
    Bonne fin de journée

  • #6

    LE XIAO LONG (lundi, 28 mai 2018 21:02)

    Salut Olivier,

    J'ai lu avec attention tes trois derniers commentaires. A l'école, quand j'étais gamin, j'avais appris que nous allions entrer dans une nouvelle ère glacière (ou inter-glacière ?). Etait-ce une erreur ? Je ne sais pas, mais je l'avais appris ;)

    Une chose est certaine, c'est qu'avec ou sans humanité, le climat peut changer comme dans lointain passé. Concernant le CO2, ce qui m'inquiète le plus n'est pas celui produit par l'Homme mais, ayant lu un article à ce sujet, c'est plutôt le CO2 qui paraît-il se dégage de la Terre de manière accélérée. Peux-tu m'éclairer à ce sujet ? L'article en question semblait sérieux.

    Quant à la fonte des glaces, je ne suis pas allé sur la banquise mais mon frère qui habite en Guadeloupe me confirme la montée des eaux très visibles sur certaines îles.

    Mon simple avis de non expert est que nous sommes face à un phénomène global où pas mal de forces et de facteurs entrent en jeu. Quelque soit la science sous laquelle on aborde le sujet, ce sujet précis doit, à mon avis, déborder le domaine scientifique en question, d'où la difficulté à y voir clair.

    Concernant la fameuse théorie du complot, tu as bien compris que je pointais du doigts les absurdités qui se nourrissent de l'ignorance.

    Tiens, j'ai à mon tour une question qui me trotte dans la tête. Là, tu vas me prendre pour un fada ! Serait-il possible qu'un changement d'axe de la terre puisse avoir une influence sur les pollinisateurs et leur orientation ? J'imagine qu'un changement d'axe change aussi le pôle magnétique, c'est pour cela que je me pose la question.

    Quant à la pollution, oui, tout à fait d'accord avec toi, il y a bien une confusion des idées lorsque l'on aborde le sujet du climat. Mais tout ceci n'est que le reflet de nos schémas de pensée, la Nature ne se divise pas en climat, météo, environnement etc., c'est un Tout insécable qui nargue notre intelligence, enfin, ce que nous pensons être de l'intelligence.

    Mon cursus est assez éloigné des sciences dures, tu le sais. Cela me permet de penser la Vie de manière différente. Pour moi, elle n'est pas limitée à la biodiversité animale ou végétale. Elle inclut toutes choses, même la matière considérée comme inerte. Je me sens aussi proche d'une lointaine étoile que d'un caillou que je foule au pied. Ce Tout global est en perpétuel mouvement, je suis bien d'accord avec toi là-dessus. Je le nomme Nature et je le sais inaccessible à mon entendement mais accessible en tant qu'infime partie de celui-ci. Être lié à la Nature est mon seul souhait et l'Agriculture Naturelle me permet de l'être. On pourrait penser que je m'éloigne du sujet, le réchauffement climatique, mais non. Tout ce qui pourrait porter atteinte à la Nature me touche, même si l'activité anthropique n'est qu'une infime partie considérée comme dérisoire concernant le sujet que nous abordons.

    L'humanité n'est pas le but ultime de la Nature mais un élément à un instant précis. Essayons d'être un élément digne, c'est tout ;)

  • #7

    Olivier le Carolingien (mercredi, 30 mai 2018 15:14)

    Hello Pat

    Je vais essayer d'apporter mes réponses comme je peux. Ce sont plus des pistes de réflexions que des éléments définitifs voire dogmatiques :)

    Bzz bzzz :
    Pour les abeilles ton interrogation n’a rien de « fada ». Je ne sais plus qui disait cela mais il parait qu’il n’y a pas de questions stupides, seules les réponses peuvent l’être. En espérant que la mienne ne le sera pas lol !!

    Pour commencer, il ne faut pas confondre axe de rotation de la Terre (axe géographique) et axe magnétique du champ magnétique terrestre. Ils sont distincts et varient indépendamment l’un par rapport à l’autre.

    Ceci étant dit, examinons nos pauvres amis les pollinisateurs et en particulier les abeilles. Il me semble me souvenir qu’elles ont plus d’un tour dans leur sac pour s’orienter : lumière solaire (spectre allant de l’infrarouge à l’ultraviolet), éléments significatifs du paysage, odorat (phéromones entre-autres) et champ magnétique grâce à leur carapace en chitine. S’il y a perturbation ou modification du champ magnétique terrestre, les abeilles peuvent tout aussi bien utiliser les autres moyens à leur disposition.

    Je pense que le problème, bien plus grave, trouve son origine dans l’utilisation insensée des néonicotinoïdes. A fortes doses c’est létal mais à plus faible doses on peut supposer que cela empoisonne les abeilles, que cela perturbe leur métabolisme et certaines de leurs facultés dont celles concernant leur capacité à s’orienter. Il y a même des études qui montrent que cela cause une perte partielle de l’activité et de l’appétit : moins de pollen, moins de nourriture pour les prochaines générations, population diminuée…

    à suivre
    .

  • #8

    Olivier le Carolingien (suite 1) (mercredi, 30 mai 2018 15:16)

    Le climat etc. :
    Non, tes instits et profs ne t’ont pas menti ! Il y a bien une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires.

    On les observe durant le Quaternaire et même depuis la fin du Tertiaire (Pliocène). Plus en arrière, la perspective du temps ne permet pas d’études précises et univoques de ce phénomène. C’est un peu comme les indices sur une scène de crime lol !! Plus le temps passe, plus ces indices s’effacent.

    Bon, à la louche et pour simplifier, on va dire que chaque ère glaciaire et chaque ère interglaciaire a une durée comprise entre 50 000 et 100 000 ans (dans la réalité cela varie un poil plus).
    La courbe des températures en fonction du temps sera donc une sinusoïde irrégulière puisque les périodes sont variables.

    Plus concrètement, beaucoup d’entre nous connaissent (encore) l’image des Hommes de Cro-Magnon habillés de chaudes fourrures et chassant Mammouths, Rhinocéros à poil laineux et Rennes dans un environnement de toundra plus ou moins enneigée de type sibérien. On se situe durant la dernière ère glaciaire, le Würm. Mais aujourd’hui on est dans une période interglaciaire et il est donc normal que l’on assiste à un réchauffement climatique global…et que le niveau moyen des océans monte (transgression eustatique).

    Mais comme les périodes sont variables, on ne sait pas si on se situe dans la phase des températures ascendantes, au maximum interglaciaire ou dans la phase des températures descendantes. Mais aussi et surtout à quoi correspond l’augmentation récente : un phénomène ponctuel, durable, à quel(s) cycle(s) climatique(s) cela correspond-il ? En tout cas ces variations ne sont pas d’origine entropique comme le montrent certaines études hétérodoxes et courageuses !

    Pour l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique, qui est l’effet et non la cause, considérons un ensemble que nous aimons et qui nous passionne : la vie.
    Lorsque la température augmente, on assiste à une explosion de la vie et en tout cas à l’augmentation de son métabolisme global. Plantes et phytoplancton la nuit, animaux et zooplancton le jour et la nuit respirent plus et donc dégagent plus de CO2. C’est aussi le cas de toutes les fermentations aérobies, compostages et autres… On a des exemples paléontologiques de cela durant les périodes greenhouse comme au Carbonifère supérieur, Jurassique Moyen ou partie moyenne du Crétacé…

    Mais encore une fois il ne faut pas omettre les réactions, les effets inverses ou régulateurs donc.
    S’il y a plus de CO2 atmosphérique, les plantes vont devenir plus grosses, elles poussent aussi plus vite. Cette technique est utilisée par nos voisins néerlandais dans leurs serres. Les plantes stockent donc le CO2 en plus grande quantité…c’est ce qui sera à l’origine du charbon.
    L’explosion de la vie, en particulier marine et concernant les organismes à coquilles ou tests calcaires, produira l’extension des plateformes carbonatées (à la mort de ces animaux leurs coquilles et tests formeront une boue calcaire qui deviendra une roche calcaire). Lorsque le climat est plus froid on aura au contraire plus de sédiments détritiques (argiles, sables…). Le calcaire, carbonate de calcium donc, va lui aussi stocker les excédents de CO2 atmosphérique.

    Que le CO2 dégagé comme tu le dis augmente n’est ni dramatique, ni anormal en soi en tant que cela est la conséquence d’une augmentation globale de la température terrestre. Par contre on peut s’inquiéter de l’efficacité de la régulation alors que l’on pollue les mers, que la déforestation est dramatiquement importante, que les récifs coralliens (en carbonate de calcium) régressent. Les plateformes carbonatées ne sont pas si nombreuses que cela non plus. On en a un exemple actuel parfait de plateforme carbonatée: les Bahamas.

  • #9

    Olivier le Carolingien (suite 2) (mercredi, 30 mai 2018 15:18)

    Je voudrais quand même finir sur le problème de la montée des océans. Il n’est pas évident en tout cas pour moi de faire la part entre deux causes possibles : le réchauffement normal de la Terre ces derniers temps et l’exploitation inconsidérée du sable marin entrant dans la constitution du béton. Les bancs de sable et cordon dunaires sont des digues naturelles qui participent de la protection du milieu terrestre des inondations marines. Là on commence même à manquer de sable marin à certains endroits, des plages disparaissent même (le sable du désert n’a pas les qualités requises car avec l’érosion éolienne les grains sont lisses et « coulent »). A creuser donc :)

    Là encore, et je suis d’accord avec toi, la Terre, la vie est un Tout qu’il n’est pas toujours facile de comprendre. Tout est lié et l’ensemble des liens crée une forme d’équilibre métastable, ce que certains nomment « Ordre Naturel des Choses » et que l’on peut accepter que l’on soit croyant ou pas. Nous ressentons cet Ordre, cette mystérieuse et magnifique histoire de la Vie.
    Les sciences ici apportent quelques gouttes de « ! » dans un océan de « ? ». Et oui « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » (Rabelais) et cette conscience est notre ressenti, du moins pour celles et ceux qui n’ont pas perdu ou qui ont retrouvé les liens fondamentaux avec la nature.
    De l’observation, de l’empirisme, de l’intuition, du bon sens…naturels face aux idéologies mortifères et artificielles du système mondialiste ultra-libéral.

    J’aimerai avoir l’occasion de discuter avec l’ethnologue que tu es afin de mieux cerner ce qui est bon pour nous en partant de : qu’est-ce que l’homme, quelle est sa vie naturelle, comment alors peut-on organiser une société humaine équilibrée et en déduire le gouvernement, le régime le plus adapté…
    Vaste terrain d’investigations !

    Bonne journée ensoliellée

  • #10

    LE XIAO LONG (mercredi, 30 mai 2018 16:55)

    Merci Olivier pour tes trois derniers commentaires qui m'ont permis de mieux comprendre certaines données concernant la Terre, le réchauffement climatique, etc.

    Pour les abeilles, je suis bien conscient que l'utilisation de certains pesticides, tout comme les graines enrobées d'ailleurs, est l'une des sources importantes de la disparitions de ces pollinisateurs.

    "Il n'y a pas de mauvaises questions", je ne sais pas si c'est de lui, mais lorsque j'allais aux séminaires de Maurice Godelier à l'E.H.E.S.S., c'était une phrase qu'il disait souvent ;)

    Et naturellement, tu termines ton troisième commentaire avec une question sur l'homme, sa vie naturelle, la société idéale et la politique ! Ha ! Tu fais fort ! Mais je vais te répondre dans le commentaire suivant ;)

  • #11

    LE XIAO LONG (mercredi, 30 mai 2018 18:38)

    Olivier,

    Je vais essayer de répondre à tes questions suivantes : "J’aimerai avoir l’occasion de discuter avec l’ethnologue que tu es afin de mieux cerner ce qui est bon pour nous en partant de : qu’est-ce que l’homme, quelle est sa vie naturelle, comment alors peut-on organiser une société humaine équilibrée et en déduire le gouvernement, le régime le plus adapté…"

    Je ne vais pas me dérober en te disant que tes questions concernent plus un philosophe qu'un ethnologue, mais ma réponse va peut-être te surprendre.

    Qu'est-ce que l'Homme ? Pour un ethnologue, c'est un bipède intéressant , dont les mains ont un pouce opposé aux autres doigts, qui vit en société avec des liens de parenté, des coutumes, des rites, des techniques, une ou des cosmogonies, etc. C'est aussi un être religieux, économique et politique. Il a une histoire, qu'elle soit écrite ou orale, il fabrique des outils et accepte l'innovation technique. Il sait transmettre, c'est un point important.

    Il fut un temps où l'on pensait que seul l'Homme vivait en société. Ce temps n'est plus, merci aux Éthologues et à leur intérêt pour les sociétés animales.

    Nous savons aussi maintenant qu'il n'est pas le seul à fabriquer des outils. Et qui dit outils dit techniques, même si ils et elles restent rudimentaires et rares dans le monde animal.

    "La vie naturelle" de l'Homme ? C'est un piège qui oppose souvent deux concepts, Nature / Culture et certaines fois, Nature / Société. Or, la culture, comme la société sont deux domaines naturels.

    "...une société humaine équilibrée" ? C'est une question intéressante. Ceci n'est que mon avis mais une société équilibrée est une société où toutes les personnes qui y vivent ont un rôle, un statut et une place à l'intérieur de cette société. Ce n'est pas le cas chez nous !

    Les vieux, les malades, les fous, par exemple, sont enfermés. Ils ne font plus partie de notre société, on les cache.

    Une société qui se porte bien est une société avec des rites de passages. En France, les rites de passages ont été réduits à leur maximum : naissance et mort. Autant dire qu'ils n'existent plus car les protagonistes ne peuvent pas, par définition, s'en souvenir. Le dernier rite de passage qui fut éliminé en France était le service militaire. Il aurait été plus intéressant de l'ouvrir aux jeunes filles.

    Sans rite de passage, on ne peut prétendre appartenir à une société, la cohésion fait place à l'individualisme.

    "Quel gouvernement" ? Un gouvernement avec une bonne dose de contre-pouvoir apolitique et de séparation. La justice est un bon exemple qu'il serait intéressant de transposer à l'écologie.

    "Le régime le plus adapté" ? Ce n'est ni un gouvernement, ni un régime politique qui constituent une société. Par contre, un régime politique a des répercussions sur une société. Étant démocrate, je ne peux qu'approuver une Démocratie même si elle risque à tout moment de voir arriver au pouvoir un parti extrémiste de gauche comme de droite par le jeu démocratique.

    Il serait temps qu'en France les élections présidentielles ne se fassent plus sur 3 tours ! Accepter le résultat des urnes, c'est ça être démocrate même si ça fait grincer les dents. Par contre, je serais favorable à ce que l'on transforme le droit de vote en une obligation. En effet, seuls les droits semblent intéresser la plupart des gens mais ils oublient que Droit, Devoir et Obligation sont trois domaines d'égale importance.

    Il faudrait aussi que les votes blancs soient enfin pris en compte lors de toutes les élections à deux tours, au même titre que les votes pour les candidats. Mais seulement lors du premier tour car au deuxième, c'est impossible.

    Je souhaiterais aussi que les Politiques soient protégés par des Supers Lois à conditions qu'ils soient soumis à des Supers Sanctions en cas de dérive. L'un ne vas pas sans l'autre.

    Mais la chose la plus importante est d'être conscient qu'il n'existera jamais un Ministère du Bonheur :) J'ai rencontré de larges sourires dans des pays où la démocratie était piétinée. Ni un régime, ni une politique ne forme un peuple.

  • #12

    Olivier le Carolingien (vendredi, 01 juin 2018 18:26)

    Hello Pat

    Désolé ma réponse est une vraie tartine lol!!

    Et oui, nous sommes de drôles de bipèdes…des grands singes en fait et même des hominidés, état que nous partageons avec les chimpanzés, bonobos, gorilles et orang-outang et quelques taxons fossiles.
    A la première question « qu’est-ce que l’homme ou le propre de l’homme », il faudrait déjà savoir ce qui nous différencie des autres hominidés.
    Ainsi, pour comparer A et B afin de lister les caractères communs et les différences, il faut déjà connaitre A et B. Jusqu’à une période récente, on ne savait qu’accumuler les données concernant l’histoire de l’homme mais pour les singes : peau de balle ! Aussi comment prétendre lister des caractéristiques humaines si l’on n’a ni la curiosité ni l’honnêteté intellectuelle de les rechercher chez les grands singes ?
    Je pense que si tu ne le connais pas déjà, tu devrais être intéressé par l’approche nouvelle de Pascal Picq, un « ex collègue » qui était thésard au Laboratoire de Paléontologie des Vertébrés alors que, plus jeune, j’étais en DEA. Je devais ensuite faire ma thèse à Montpellier (Université des Sciences et techniques du Languedoc) sur les poissons fossiles des phosphates de l’Afrique du Nord mais la vie en a décidé autrement. Mon pauvre Papa est parti et entre la dépression, la démotivation et surtout le besoin de gagner ma croûte j’ai dû faire tous les boulots tout en continuant petit à petit à continuer la paléontologie en indépendant, loin des labos. Pour la petite histoire ma spécialité aurait du mal à être invoquée dans une discussion de comptoir : les racines des dents des Elasmobranches lol !! D’ailleurs, j’ai une grosse étude cosignée avec deux junior-auteurs allemands en instance de publication dans une grosse revue de paléontologie (The Late Jurassic shark Palaeocarcharias (Elasmobranchii, Selachimorpha) – functional morphology of teeth, dermal cephalic lobes and phylogenetic position). Bon, trêve de digression :)
    Il y a des tas de podcasts et conférences de Pascal Picq sur Youtube (toutes ses autres approches sur l’entreprise, la politique, le transhumanisme, la franc-maçonnerie sont à mon humble avis à laisser de côté).
    En reprenant les études éthologiques allemandes et en les poursuivant il a acquis une certaine connaissance de ce que sont les grands singes, jusqu’alors laissés de côté. Il dénonce lui-même les erreurs passées : « cachez ce singe que je ne saurais voir » :) Un peu de simiocentrisme pour compléter la tyrannie de l’antropocentrisme…
    Il ne nous reste pas grand-chose comme caractéristiques propres. Humour-rire, tristesse-pleurs, amour, alliances, trahisons, politique, outils, bipédies (le pluriel est ici volontaire), culture, langage…tout existe déjà chez les grands singes. Peut-être ne nous reste-t-il que les croyances, les histoires, une certaine forme de conscience de soi et une incroyable capacité de nuisance.
    Et encore, on ne sait pas tout ce qu’il se passe ou peut se passer dans la cervelle d’un grand singe !

  • #13

    Olivier le Carolingien (suite 1) (vendredi, 01 juin 2018 18:28)

    Sinon, et c’est important, nous partageons avec les grands singes la vie en sociétés d’où la présence de liens sociaux entre individus. C’est déjà un premier point. Comme tu le dis, nous sommes devenus individualistes. « On » nous a détruits artificiellement la plupart de ces liens qui forment la cohésion d’un groupe. Je dirais même plus on devient « singularistes » (je ne sais si le terme est correct). Je m’explique : l’individualiste se contente de se foutre des autres alors que le singulariste va encore plus loin, il se démarque, veut être supérieur, une star (les selfies), se fait des films, veut commander, et est sujet à la turgescence de l’égo… Les réseaux sociaux ne cessent de nous donner de bien tristes exemples de ce processus, processus qui pour moi est artificiel et induit par le système dans le cas général de l’abêtissement des populations, du diviser pour mieux régner et de la destruction de la cohésion sociale incontournable pour qu’il y ait nation.
    Autre chose : les caractéristiques humaines que tu listes et qui se transmettent, c’est justement cela la culture. Aussi je te suis à 100 % : la culture est on ne peut plus naturelle, technologie comprise, et est loin d’être le propre de l’homme.
    Pour ce qui est de la vie naturelle de l’homme, je ne prends pas le mot « naturel » dans le sens du retour dans le milieu naturel, à la terre, le « bon sauvage » de l’infâme Rousseau, la décroissance, enfin tu vois ce que je veux dire. Non. Je cherche plutôt à faire référence à la vie humaine en dehors de toutes les idéologies artificielles, souvent mortifères, tout ce que certains nous imposent en opposition à notre nature profonde :) Cela va dans le sens du dicton « chassez le naturel, il revient au galop ». On parle en fait du climax. Le climax de la terre est par exemple de se recouvrir d’herbes puis d’arbustes puis de tendre vers la forêt. Le climax de l’homme va être à l’origine de son véritable habitus (sensu Bourdieu) et je me suis mis à le chercher, tout du moins l’esquisser.
    Ceci est toujours dans le cadre de la recherche entre ce qui est naturel (Ordre naturel des choses) et artificiel (les idéologies émanant de cerveaux malades).
    Je place dans les délires idéologiques : argent, villes, commerce, transhumanisme, reproduction artificielle, OGM, manipulations sur les gènes, les climats, gender principalement car cela n’existe pas à l’état naturel et cela n’a jamais été réclamé par le bon peuple mais toujours par les élites (de rouge ou pas lol !!!). Je conchie également Attali quand il ose affirmer que la nature est mauvaise et qu’il nous faut la modifier. J’aimerais lui répondre : « oui d’accord, elle est mauvaise puisqu’elle t’a fait naitre, connard ». Désolé d’être ainsi grossier et excessif mais ma capacité à encaisser leur baratin a été dépassée depuis belle lurette ^^.

  • #14

    Olivier le Carolingien (suite 2) (vendredi, 01 juin 2018 18:29)

    Mais revenons à nos moutons, ou plutôt ce qu’il reste des hommes. Les données paléoanthropologiques, archéologiques et ethnologiques semblent montrer qu’un des climax humains est de vivre en groupes réduits : tribus, hordes, familles agrandies…bref villages. Cela parait être notre état d’équilibre. Moins, des problèmes de consanguinité, de défauts d’aptitudes peuvent survenir, plus ce sont compétitions et individualisme qui prennent le relais.
    Le résultat obtenu n’est a priori pas très éloigné du réseau de villages imaginé par Proudhon.
    Et puisque Proudhon est cité, qu’en est-il de la hiérarchie du groupe car elle est toujours présente dans les sociétés animales, ceci faisant de l’anarchie une belle mais artificielle bluette : élites, chef(s), meneur, alpha, assemblée de sages… ?
    Là où le bon Etienne Chouard se plante est quand il affirme que tout chef, toute élite va immanquablement se vautrer dans les abus de pouvoir. Par exemple le pharaon dont le nom était « hem » (serviteur) avait le devoir de servir son peuple afin de maintenir les équilibres fondamentaux, le ka. Là évidemment cela dépend de la personnalité de celui ou ceux qui nous gouvernent, les moyens de contrôle voire de pression. Hem était soumis à la colère divine et donc au risque que la crue du Nil ne soit pas au rendez-vous mais aujourd’hui, qui s’en réfère à une puissance supérieure ?
    Je cherche mais en tout cas je ne suis pas démocrate comme tu dois le pressentir. Ce n’est pas pour cela que je suis pour une dictature ou la royauté, non encore une fois je cherche mais pas à partir de l’idéologie, de ce que je souhaite ou projette mais plutôt de manière pragmatique : qu’est-ce qui serait le meilleur, le plus adapté ou le moins mauvais pour nous, pour le plus grand nombre ? Pas la république et la démocratie et les élections (piège à cons) en tout cas (je suis passé par le milieu associatif et cela m’a définitivement vacciné contre la démocratie : palabres incessantes, conflits, immobilisme, bêtise…).
    Quand les gens seront à nouveau des hommes, des citoyens matures, on verra.
    Puisque la hiérarchie, donc une structure pyramidale semble incontournable, je gamberge dessus.
    Je me dis que dans notre société merdique cela part toujours du haut, le Système Mondialiste, pour aller vers le bas, nous la salauds de pauvres ^^ Et si cela allait en sens inverse, du bas vers le haut ? Il n’y a pas mieux placés que les habitants d’un village pour savoir ce qui est bon pour le village, idem avec un canton, une région… Non je ne parle pas ici de démocratie stricto sensu mais de privilèges.
    Les privilèges ou droit privé ne correspondait pas aux infâmes avantages attribués aux nobles mais en fait les lois adaptées à chaque région, à chaque corps de métier. On est loin de la définition fallacieuse ripoublicaine. Oui cela rappelle certains modes de fonctionnement de la monarchie, et alors ?

  • #15

    Olivier le Carolingien (suite et fin) (vendredi, 01 juin 2018 18:30)

    Depuis des années je lis tout le monde, examine toutes les doctrines tous les types de gouvernements et de régimes. En chacun d’eux, même les pires ou supposés comme tels, il y a du bon à garder et du mauvais à balancer. Il ne faut pas avoir peur, aller au-delà de la propagande du système et faire preuve de pragmatisme et bon sens.
    Etape 1 : séparer la propagande, les mythes de la réalité (savoir reconnaitre et lutter contre l’ingénierie sociale)
    Etape 2 : glaner le bon dans ce qu’il reste de réel (sans peurs et sans reproches)
    Etape 3 : compléter et tester la compatibilité avec le naturel
    Bref, tu ne peux t’imaginer à quel point l’esprit de l’homme est malléable, à quel point il peut gober des bobards assénés depuis des lustres (« répéter un mensonge ad libitum, vous en ferez une vérité »), à quel point il y a des inversions accusatoires, du vrai devenu faux et du faux devenu vrai, les bons devenus méchants et réciproquement… Je comprends qu’avec tant d’inversions certains invoquent la nature satanique de notre monde actuel. Perso je n’en reviens toujours pas et me dis à quel point j’ai été con et crédule mais en face ils sont forts, super fortiches…enfin peut-être pas tant que cela car « ils » sont obligés de tricher pour gagner.
    Je ne désire qu’une chose : que le monde se remette à l’endroit avant de crever. Je serai rassuré pour tous les mômes et notre futur. Ô certes pas un monde de bisounours mais un monde plus acceptable, plus humain, plus pérenne, moins anxiogène et toxique.
    Une réflexion pour la route : ne trouves-tu pas que la vie d’un paysan gallo-romain était similaire à celle d’un paysan du 18-19ème siècle et que tout a commencé à se barrer en couilles par la suite avec leurs « progrès » et leurs révolutions industrielles ?


  • #16

    LE XIAO LONG (samedi, 02 juin 2018 01:33)

    Salut Olivier,

    Belle tartine en quatre actes ;) Non, je ne connais pas Pascal Picq mais ma curiosité a été piquée, sans jeu de mots.

    Concernant les hominidés, difficile de trouver une réponse dans les ancêtres fossilisés mais parmi certains grands singes actuels la comparaison reste délicate tout en étant intéressante. Délicate car ils sont autant éloignés de leurs ancêtres que nous le sommes des nôtres, sans parler du temps encore plus long d'une origine commune.

    Là, ce n'est plus l'ethnologue qui parle ;) Mais là encore, il s'agit d'une vision bien humaine de vouloir cataloguer l'ensemble des espèces animales en leur attribuant tels ou tels liens de parenté. Je préfère l'idée de contemporanéité. Être en même temps est à mes yeux la seule valeur importante. Un bourdon vole près de moi, nous sommes contemporains.

    Depuis près de 6 ans, je vis assez retiré de la société. J'ai plus de contacts avec les animaux qu'avec mes semblables. Et là, je ne parle que des animaux, je pourrais aussi parler des plantes etc.

    Je ne pense pas qu'il faille chercher une réponse à propos de l'Homme chez les Primates mais plutôt dans l'ensemble des contemporains. Tu me suis ? Cela fait beaucoup de monde que la science a compartimenté, subdivisé etc. De plus, chercher une réponse est une approche scientifique. Est-ce nécessaire ? Je ne le pense pas. Mieux vaut être que chercher.

    Peut-on vivre hors sol ? Certains y arrivent. Ce n'est pas mon cas. Je pense que beaucoup de gens confondent vivre en société avec vivre uniquement entre humains. A force de ne vivre qu'entre humains, on finit par en oublier ses racines : la Nature. En oubliant ses racines, on devient aveugle et sourd. Demande à tes amis (ou les miens) avec qui ils ont communiqués dernièrement. Ils te donneront un nom, un prénom. Lorsqu'on n'est pas frappé de surdité ou de cécité, la réponse est différente.

    Lorsqu'une dizaine de frelons européens viennent communiquer en tournoyant autour de moi, j'écoute avec attention ces contemporains. Ils ont la courtoisie de me dire, tu es trop prêt, recule un peu, s'il te plaît :) Si un éthologue venait me dire qu'il ne s'agit que d'un acte inné sans désire réel de communication, je ne le croirais pas. Je lui raconterais l'histoire suivante :

    Il y a une dizaine d'année en Picardie, un nid de bourdons s'était installé dans le mur de notre maison. Les enfants étaient petits et je leur avais expliqué de ne pas les déranger et que la cohabitation se passerait bien. Un jour, étant dans le jardin, les bourdons sont venus à ma rencontre en tournoyant autour de moi avec insistance. Puis ils repartaient vers leur nid. Ils revenaient ensuite à la charge et repartaient. Leur comportement était étrange, j'avais l'impression qu'ils souhaitaient que je les suive. J'ai suivi mon intuition et j'ai compris. Mon fils avait posé son vélo à côté du nid et il en obstruait l'entrée. J'ai donc déplacé le vélo et tout est entré dans l'ordre.

    Il s'agit bel et bien d'une communication interspécifique aux entrées multiples. Le problème : l'entrée du nid est obstrué. La solution : bouger l'objet qui bouche l'entrée. Le moyen : demander à un intermédiaire de déplacer l'objet à notre place.

    Quel est le rapport avec l'idée d'une société idéale ? En fait, ce n'est ni dans les petits villages, ni dans les grandes villes qu'on peut trouver une solution, ni dans un type de gouvernement mais en nous mêmes.Il suffirait d'être à l'écoute et au service de la Nature. On peut imaginer des villes plus vertes, des campagnes moins polluées et moins bruyantes, mais tant qu'on le fera seulement pour notre bien-être, on restera hors sol, déconnecté de l'essentiel.

    Humains, grands singes, bourdons et les autres contemporains sommes plus unis qu'il n'y paraît. Ouvrir les yeux et tendre l'oreille est une solution simple. Je ne pense pas être tombé sur les œuvres de Masanobu Fukuoka par hasard ;)

    Pour répondre à ta dernière question à propos des progrès techniques et de la révolution industrielle comparés aux stades anciens de l'agriculture : je pense qu'il faut remonter plus loin encore. Si on regarde la fin de la Rome Antique, on s'aperçoit que le gouvernement romain avait épuisé toutes les terres conquises à cause de leur système d'agriculture. Il a fallut plusieurs siècles à l'Europe pour s'en remettre. Si ça t'intéresse, j'en parle dans l'article suivant : https://www.lexiaolong.com/2018/03/17/agriculture-naturelle-et-masanobu-fukuoka/

    Par contre, c'est certain que la mécanisation a été un facteur destructeur des terres. Mais j'ai comme l'impression qu'il faut remonter à la jonction entre l'Homo Sapiens Néanderthalensis et l'Homo Sapiens Sapiens pour comprendre où l'on a "merdé" ;)