De l'encre de Chine à la maternelle ou du rôle de la main à l'école

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Je travaille actuellement avec des enfants de moyenne et de grande sections de maternelle à Camarsac pour leur transmettre l'Art du Sumie.

 

A partir d'observations dans le cadre des TAP, je vous propose une réflexion sur l'échec scolaire, la fatigue, le rôle de la main à l'école en m'appuyant sur mon expérience face aux enfants.

Bonne lecture !

TAP, maternelle et sumie : le rôle de la main à l'école

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Les Petits Maîtres du Sumi-e de Camarsac en action !

Avant que cette nouvelle session de six séances prenne lieu, j'ai senti comme une certaine appréhension de la part de la personne responsable des TAP due au jeune âge des enfants dont j'allais m'occuper.

 

J'ai vite rassuré ma responsable en lui apprenant que de toutes les interventions que j'avais faites au sein des écoles, de la petite section au CM2 hors cadre des TAP, celles  réalisées dans les écoles maternelles furent les plus calmes et les plus réussies.

 

Comme je l'ai déjà expliqué dans d'autres articles concernant les TAP et l'encre de Chine, je suis persuadé que la présence de l'autorité (maître, maîtresse, professeur des écoles) lors de mes interventions hors cadre des TAP, explique en grande partie le fait que les enfants sont plus réceptifs à mes interventions.

 

Lors des TAP consacrés aux plus petits (moyenne et grande section), je suis aidé par une ATSEM (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Finalement, cette personne que les enfants connaissent bien leur donne un repère de l'autorité. Notez que dès que les TAP concernent des groupes excluant les plus petits, l'intervenant se retrouve seul face aux enfants.

Les plus jeunes ont un pouvoir de concentration plus grand

Il s'agit bien d'une constatation de terrain : les plus jeunes enfants de maternelle ont un pouvoir de concentration plus grand que les élèves de l'école élémentaire.

 

A priori, on pourrait penser le contraire mais a posteriori, c'est un fait : les bouts de chou sont très concentrés et assimilent ainsi plus vite que leurs jeunes aînées.

 

Naturellement, je ne parle pas de productions pures, les enfants un peu plus âgés ayant plus de facilité dans le maniement des pinceaux calligraphiques. Un dessin ou un tracé à l'encre sera plus ou moins réussi en fonction de l'âge car l'apprentissage et la maîtrise du pinceau s'améliore avec le temps. Mais à propos des dispositions de l'enfant à se concentrer sur l'activité qui lui est proposée, les plus jeunes sont incontestablement plus aptes.

 

Ce constat m'intrigue. Pourquoi les tous petits de maternelle sont-ils plus à même de travailler sans que la discipline et le rappel à l'ordre soit nécessaire ? Que se passe-t-il à partir de l'école élémentaire pour que ces mêmes enfants soient par la suite moins réceptifs ?

 

Mon impression est la suivante : les enfants de maternelle sont moins fatigués que les enfants de l'école élémentaire. Par contre, je refuse de croire qu'il s'agit d'une fatigue liée aux programmes scolaires car les capacités cognitives des élèves du CP au CM2 sont à leur paroxysme.

 

D'où vient donc cette fatigue ? Je ne pense pas qu'il faille chercher la réponse à l'école mais plutôt dans le rythme des activités domestiques. Un enfant qui ne dort pas assez sera un enfant fatigué. Cette fatigue peut être due à plusieurs facteurs comme à l'heure d'endormissement, au temps passé à regarder la télévision, au temps consacré aux jeux vidéos. Elle peut être aussi générée par un surplus d'activités extrascolaires et dans ce cas, il s'agira plus d'une fatigue du corps que de l'esprit mais le résultat sera le même. D'autres raisons ne sont malheureusement pas à exclure : il est difficile d'apprendre le ventre vide, comme il est ardu de se concentrer lorsqu'on a froid.

 

Je discute souvent avec les enfants et j'avoue être surpris par leur manque de sommeil dû à la télé ou aux activités du week-end. On ne peut décemment pas demander à un enfant d'être attentif à l'école s'il n'est pas à même d'être dans les conditions optimum d'écoute. Il serait tout aussi indécent de rejeter la faute sur les équipes enseignantes lorsqu'un enfant est en échec scolaire quand ce constat est dû à la fatigue. Un professeur des écoles n'est ni une nounou, ni un parent. Il n'est pas là pour éduquer un enfant mais seulement pour transmettre des savoirs.

 

J'ai parfois l'impression que l'on oublie trop facilement que la référence première d'un enfant est son père et sa mère.

 

Il est donc inutile de multiplier les réformes scolaires lorsque la cause du problème se situe en dehors des murs de l'école.

Nous sommes tous inégaux face à l'école

Digression personnelle

Il s'agit là d'une vérité que j'ai assimilée très rapidement dès mon plus jeune âge. A 8 ans, lorsque j'ai perdu la majorité des acquis scolaires (lecture y compris) suite à une amnésie, j'ai pu m'en sortir grâce à ma maman, que je remercie au passage pour ces longues heures à réapprendre. J'ai vite compris que j'étais un privilégié.

 

Plus tard, j'ai appris à mes dépens qu'il y avait des écoles différentes, souvent liées aux groupes socioculturels auxquels nous appartenons. Fort de mes compétences en mathématiques avec 19 de moyenne en 3ème, je ne comprenais pas pourquoi mes professeurs s'inquiétaient de mon choix concernant la 2nd C (filière S de l'époque) que je voulais intégrer au Lycée. J'ai vite compris le pourquoi de leurs réserves lorsque ma superbe moyenne de troisième est tombée à zéro dès le premier trimestre de la seconde ! Nous n'avions pas fait le programme en entier.

 

A ce moment précis, j'ai perdu toute confiance vis à vis du système scolaire car je me sentais trahi, trahi par ceux à qui j'avais accordé toute ma confiance. C'est aussi à cet instant que j'ai inversé ma logique face à l'école : avant d'apprendre, je décidai de savoir si le professeur que j'avais en face de moi me respectait. Si ce n'était pas le cas, je lui rendais la vie infernale (oui, je sais, je suis impitoyable). Par contre, s'il était respectueux et qu'il était capable de nous transmettre quelque chose d'autre que ce qui était déjà écrit dans nos livres, je devenais un ange.

 

J'ai eu beaucoup de respect envers deux professeurs : l'un en Espagnol, l'autre en Histoire. Je ne me souviens plus malheureusement du nom de ce professeur d'Espagnol mais si quelqu'un de ma génération scolarisé au Lycée Le Corbusier de Poissy passe par là, je laisse le nom de l'autre prof que j'adorais : Anne-Marie De Piessac.

 

Pendant cette période, j'ai donc appris à réfléchir plus qu'à me pencher sur le contenu des programmes scolaires. Je m'incrustais dans certains cours qui ne faisaient pas partie de mon emploi du temps en fonction de l'aura du professeur. J'avais mis sur place un système d'enseignement à la carte... 

De l'inégalité en général

L'une des inégalités la plus frappante est liée au temps que les parents peuvent consacrer à leurs enfants.

 

Attention, je parle bien de pouvoir et non de vouloir.

 

Si les deux parents rentrent tard du travail, le temps qu'ils peuvent consacrer à leurs enfants concernant les devoirs est très réduit voire nul. Je m'insurge toujours face au concept de nivellement par le bas qui consiste à supprimer les devoirs à la maison pour éliminer les inégalités. Comment un élu peut-il vanter le "non devoir maison" alors qu'il a passé sa vie à travailler plus que les autres pour être arrivé là où il se trouve ?

 

Un enfant n'a pas besoin d'une maman ou d'un papa énarque pour que ce dernier puisse l'aider. Un enfant a besoin d'amour, de confiance et d'attention pour s'épanouir à l'école.

 

J'ai entendu parler d'une femme dont la grand-mère illettrée lui faisait faire sa lecture après l'école. Cette petite fille à l'époque ne se doutait pas que sa mamie ne savait pas lire mais l'attention, l'amour et la confiance lui ont permis de suivre une scolarité normale.

 

J'ai travaillé auprès d'enfants dans le cadre de soutiens scolaires après être parti à Taiwan en 1990. Je puis vous assurer que ces enfants avaient les mêmes capacités que ceux qui réussissaient à l'école. La seule différence était leur perte de confiance en eux.

 

Lorsqu'un enfant vous déclare qu'il est nul parce qu'il habite dans une cité, vous comprendrez qu'il ne sert à rien de l'aider à faire ses devoirs tant qu'il n'admet pas que son milieu socioculturel n'a rien à voir avec ses propres capacités.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je vous assure que j'ai rencontré des enfants esclaves dans la région parisienne. Ces enfants venaient d'Afrique et étaient hébergés par des membres de leur famille mais les parents, eux, étaient restés au pays et ne devaient pas connaître les conditions de vie de leurs enfants expatriés.

 

Comment voulez-vous apprendre à l'école lorsque vous assurez toutes les corvées, que le réfrigérateur est cadenassé pour vous interdire l'accès à la nourriture, quand vous dormez sur le paillasson lorsque vous rentrez trop tard ! J'ai connu des enfants de la région parisienne qui devaient se battre pour manger à table ! Je n'invente rien, toutes ces affirmations font partie de mon vécu en tant qu'animateur à Nanterre.

 

Ces enfants étaient merveilleux et mon objectif premier fut de leur redonner confiance en eux, leur faire admettre qu'un dictionnaire n'était pas un objet réservé aux intellectuels et qu'il y avait du plaisir à apprendre et à réfléchir.

 

J'étais souvent en désaccord total avec ma responsable qui ne s'intéressait qu'aux notes qu'ils rapportaient et à l'exécution des devoirs après l'école. Comment peut-on demander à un enfant ayant accumulé tant de retard de faire des devoirs suite à une leçon qu'il n'a pas assimilée ?

 

Nous étions plusieurs animateurs à nous occuper de groupes constitués de huit enfants environ. Mon objectif premier fut de créer un groupe soudé avant même de m'intéresser réellement aux devoirs. Les mauvais résultats scolaires de ces enfants les avaient non seulement fait perdre toute confiance mais faisaient aussi ressortir de la haine face à l'école, face aux adultes et entre eux.

 

La deuxième étape consista à leur faire prendre conscience de leur propre intelligence car contrairement à ce qu'ils pensaient, ils n'étaient pas "des nuls". Ce terme, d'ailleurs, fut banni du vocabulaire de notre groupe car, comme je leur avais expliqué, "être nul" ne veut rien dire. Ce terme devrait d'ailleurs être supprimé du vocabulaire des adultes, profs y compris, car à force de l'employer lorsqu'on s'adresse à un enfant, il finit par le croire !

 

L'étape suivante fut de donner du sens à ce que l'école leur demandait d'apprendre. Les enfants ont raison, tant qu'un adulte ne peut pas répondre à la question qui suit, l'intelligence est brimée : "A quoi ça sert ?".

 

Certains gamins peuvent réussir leur scolarité sans se poser cette question, ils apprennent parce qu'ils doivent apprendre. Mais d'autres, et je les comprends, ont besoin d'être persuadés de l'utilité d'apprendre. Finalement, ces derniers se posent des questions.

 

Lorsque mon fils de 13 ans met en doute le fait d'apprendre par coeur une leçon, je suis franc envers lui. Apprendre par coeur pour apprendre par coeur ne sert strictement à rien puisqu'il sait déjà le faire en retenant les paroles d'une chanson ou les dialogues d'une vidéo d'un Youtubeur qu'il apprécie. Par contre, apprendre de nouveaux mots et surtout leur signification lui permettra mieux exprimer sa pensée. Je préfère qu'il réfléchisse plutôt qu'il débite mécaniquement un texte.

 

Mais donner du sens n'est pas toujours évident en fonction des matières enseignées. Dire à un enfant que l'apprentissage des Mathématiques lui permet d'acquérir de la logique n'est pas toujours suffisant. L'éternelle question tombera tel un couperet : "Oui, mais à quoi ça sert ?"

 

Le théorème de Pythagore lui servira-t-il dans sa vie d'adulte ?  Si son futur le conduit à préférer les courbes aux lignes droites, ce théorème ne lui servira à rien. Par contre, s'il devenait viticulteur, il s'en servira pour délimiter les parcelles et les rangs de vignes. Là, le théorème de Pythagore prend du sens.

 

Enfant, j'étais toujours dubitatif face à certains problèmes mathématiques. Le fameux problème de la baignoire dont on doit déterminer le temps de remplissage dû à une fuite du robinet, par exemple. J'aurais préféré qu'on m'apprenne à changer un joint car la solution était là.

 

Concernant mes interventions face aux enfants en difficulté scolaire, la seule réponse que j'ai pu trouvée concernant les Maths fut celle liée au domaine ludique. Le jeu, et cela est vrai pour une grande partie du monde animal, est un élément incontournable de l'apprentissage.

 

Notez au passage qu'il s'agit ici de jouer pour apprendre et non de jouer pour jouer.

 

Equations, identités remarquables, PGCD etc. prennent sens dès lors qu'ils sont intégrées comme moyen et non comme fin en soit. Lier les Mathématiques et les résultats à une recherche de chiffres qui détermineront l'emplacement d'un mot dans un dictionnaire et dont l'ensemble des mots trouvés constitueront une énigme qu'il faudra résoudre est un bon exemple de Mathématiques signifiantes pour l'enfant.

 

Donner du sens aux autres matières scolaires est plus aisé à condition que la réflexion et le palpable entre en jeu. L'Histoire, par exemple, est l'une des matières des plus rébarbatives lorsqu'il s'agit d'apprendre par coeur des dates et des noms.

 

Réfléchir et palper, en d'autres termes, le cerveau et la main, ne peuvent être dissociés. Pourtant, mis à part la production écrite, l'art plastique voire la musique et le sport, la main n'est pas valorisée à l'école.

 

Faites entrer le toucher dans un cours d'Histoire et vous verrez que l'Histoire prend du sens.

 

Manipuler, par exemple, des pièces de monnaies françaises frappées entre 1930 et 1950 peut s'avérer plus instructif que de parler du gouvernement de Vichy pendant la Seconde Guerre Mondiale en se limitant de s'adresser à l'intellect. L'Histoire prend vie dès que l'ensemble des sens est sollicité.

 

Je m'étonne d'ailleurs que l'Histoire qui intègre dans le cursus scolaire la préhistoire, la protohistoire et l'histoire n'élargisse pas son domaine à des sciences sociales telles que l'Archéologie et l'Ethnologie.

 

Certes, des efforts sont faits dans ce sens lors de sorties dans les musées, mais un musée restera toujours en dehors des murs de l'école. Voir un chopper ou un biface à travers une vitrine ne s'adresse qu'aux yeux. Par contre, toucher, manipuler un outil préhistorique donne du sens à l'industrie lithique. Notez au passage que certains musées ont une approche tactile de la préhistoire comme le Musée de Préhistoire d'Ile de France.

 

L'école qui s'adresse à l'Homo Sapiens néglige l'Homo Faber, c'est un triste constat. Il suffit de comparer le cursus scolaire dit "normal" aux cursus scolaires liés à l'apprentissage d'un métier dit "manuel" pour en être convaincu.

 

"Tu es mauvais à l'école, tu poursuivras ton cursus dans une filière manuelle !"

 

A mon avis, l'une des explications des échecs est que  la main n'est pas mise en valeur à l'école.

 

Je me souviens d'expériences menées avec les enfants en difficulté scolaire. Ils n'aimaient pas lire et comme je l'ai écrit plus haut à propos des dictionnaires, ils pensaient qu'un livre ne s'adressait qu'aux intellectuels ! Ils avaient bien intégré cette dichotomie mensongère entre l'intellectuel et le manuel. Mais lorsqu'ils ont eu en main de vieux ouvrages datant d'avant la Révolution Française, je puis vous assurer que le livre prenait sens.

 

Ils manipulaient des bouquins qui avaient traversé les siècles. Ils s'appropriaient un objet lié à l'Histoire. Ils prirent conscience que le Français et l'Histoire n'étaient pas deux matières cloisonnées. La seule chose que je leur avais imposée était la présence des livres. Je souhaitais qu'ils réagissent, qu'ils mettent en pratique ce qu'ils avaient appris à l'école et surtout qu'ils réfléchissent.

 

Côté pratique, ils furent surpris de constater que le Français ne s'écrivait pas de la même manière quelques siècles auparavant. Les "ais" avaient une fâcheuse tendance à se transformer en "ois". Ce devait être la première fois que l'imparfait de l'indicatif les faisait rire. Que dire des "F" qui se confondaient avec de grands "S". En quelques minutes la lecture devint ludique et compétitive, chacun voulant lire à voix haute sous les rires non moqueurs des autres. Plaisir et joie ne sont pas incompatibles à l'apprentissage.

 

Je me souviens aussi de la fierté de ces enfants aux multiples redoublements lorsqu'ils apprirent qu'un texte que je leur avais apporté et qu'ils venaient de lire et de commenter sans aucune difficulté, était un texte qu'il ne verraient à l'école qu'une fois en Terminale !

 

Socrate et Platon étaient donc accessibles malgré l'échec scolaire qui pesait sur eux. Comme c'est beau de voir des jeunes sourire, être fiers et accepter enfin de croire en leur intelligence.

 

A quoi sert d'apprendre une langue étrangère lorsqu'on est persuadé que l'on ne l'utilisera pas plus tard ? A rien ! Mais lors d'une séance, lorsqu'un enfant britannique de leur âge vint se joindre à nous, apprendre l'Anglais pris sens. Comme je les comprends ! Les langues étrangères ont été un calvaire tout au long de mon cursus scolaire jusqu'au Bac. Je n'apprenais qu'à cause de la sanction, autrement dit à cause des notes qui suivaient une interrogation, une évaluation comme on dit actuellement.

 

C'est à Taiwan que j'ai réellement appris à parler en Anglais. Lorsque l'on partage un appartement avec un américain et deux américaines, l'utilité d'une langue étrangère devient une évidence. Depuis mon premier séjour à Taipei, j'ai une idée bien précise de l'apprentissage d'une langue qui n'est pas toujours compatible avec l'apprentissage à l'école. L'important, à mes yeux, n'est pas de parler correctement sans faire de fautes de grammaire ou autre, l'important est de communiquer et de se faire comprendre.

 

Si un collégien ou un lycéen passe par là, je l'invite à "stuffer" à outrance ! "Stuff this stuff, guy ! Vocabulary will come later with practice." Il s'agit d'un mot bien pratique que l'on peut utiliser comme nom ou comme verbe lorsqu'on ne connait pas le terme que l'on veut employer. Stuff est le truc, le machin mais aussi le verbe "biduler", "machiner", enfin, vous "stuffez" ce que je veux dire, c'est ça l'essentiel.

Retour aux TAP : de la maternelle à Lascaux

D'un point de vue général, un enfant est une véritable éponge à apprendre. Si je compare la fabrication de l'encre à partir de bâtonnets d'encre et de la pierre à encre, la seule différence notable entre les petits et les plus grands est une question de force. L'acte technique est maîtrisé très rapidement qu'il s'agisse d'un enfant de 4 ans ou d'un enfant de 9 ans. L'encre obtenue sera plus claire chez un élève de maternelle que chez son aîné de CE2 puisque ce dernier pourra imprimer une force plus importante que celle du tout petit. Tous deux se seront accaparés la technique sans aucune difficulté.

 

Concernant les tous petits et la capacité de production (dessins), je suis très surpris des différences importantes dès ce jeune âge. Vu qu'ils n'ont qu'à peine deux ou trois ans d'école maternelle derrière eux, il me semble impossible d'imputer ces différences au milieu scolaire puisqu'ils sont issus de la même école, voire des mêmes classes.

 

Il est intéressant de noter que les meilleures productions n'émanent pas forcément des plus âgés. Nous sommes définitivement bien inégaux face à l'apprentissage. Certes le facteur intellectuel, la maturité etc. entrent en jeu mais l'acquis (cerveau et mains) dépend de l'environnement en et hors l'école.

 

L'un de mes buts, dans le cadre des TAP, est d'effacer ces différences en essayant de tirer les enfants vers le haut. Tous sont capables de dessiner ce que je leur apprends, la réussite dépendra de la confiance qu'ils ont en eux et en moi. Certains auront simplement besoin de plus de temps, c'est tout. Mon but premier est qu'ils prennent plaisir à apprendre.

 

Lorsqu'ils détournent mes instructions en délaissant les pinceaux calligraphiques au profits de leurs mains pour imprimer des mains positives ou délimiter des mains négatives sur leurs feuilles de papier, ils ne se doutent pas du plaisir qu'ils me procurent. Je suis fier de ces petits bouts de chou qui nous lient à l'Art pariétal de Lascaux.

 

Ils ne méprisent pas leurs mains, ils en sont fiers.


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Les enfants de Camarsac vous souhaitent une bonne année du Coq ! 新年快樂 !

La semaine dernière, une fuite a nécessité une coupure d'eau et sans eau, il est difficile de fabriquer de l'encre de Chine.

 

Nous avons palié ce petit problème en utilisant de la craie avec comme support la cour de l'école.

 

Je m'allie aux enfants de Camarsac pour vous souhaiter une très bonne année du Coq !

 

LE Xiao Long

樂小龍

Le sceau chinois de l'artiste peintre LE Xiao Long sur lequel est écrit 樂小龍 qui en Chinois veut dire joyeux petit dragon.

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