Primaire de la gauche, premier débat : monde rural et agriculture sont les grands absents !

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Comme pour les débats de la primaire de la droite, j'ai suivi avec attention le premier débat de la primaire de la gauche.

 

Deux candidats écologistes étant présents, je m'attendais à ce que la ruralité et l'agriculture soient deux thèmes abordés...

Bonne lecture !

L' être et le paraître

Même constatation affligeante que pour les débats de la droite : la politique spectacle était au rendez-vous avant même que le débat ne commence.

 

J'aimerais bien savoir ce qui se passe dans la tête d'une personne se présentant comme président potentiel lorsqu'il se livre à une séance de maquillage en direct face aux caméras.

 

Ne pensez pas qu'il s'agisse d'un détail futile. Il en dit long sur ce qu'est devenu la politique, le paraître l'emportant sur l'être.

Ruralité et agriculture : deux mondes inconnus ?

Lors des débats de la droite, j'avais souligné le fait que l'agriculture et le monde rural n'avaient pas beaucoup été abordés par les différents candidats.

 

Mais ce soir, ce constat est encore plus frappant. Ils n'ont été mentionnés que deux ou trois fois tout au plus et il s'agissait bien de mentions !

 

Et encore, la première mention à propos des agriculteurs venant de Jean-Luc Bennahmias, candidat écologiste, ne fut prononcée que pour illustrer le bien fondée de sa conception du Revenu Universel d’Existence !

 

Voilà donc à quoi se résume le monde rural, un monde paupérisé qui malgré les subventions ne peut dégager un salaire décent pour sa propre subsistance. Agriculteurs, soyez heureux, vos revenus s'amélioreront grâce à lui ou à Benoît Hamond !

 

Ce revenu universel qui, sous prétexte d'une révolution du travail liée au numérique, devrait s'appliquer à tous. Pour ma part, j'appelle cela de la démagogie à but électoral mais pire encore, il s'agit de la négation même de la notion de travail.

 

J'invite d'ailleurs Jean-Luc et Benoît à lire un ouvrage qui leur serait utile, "Comment Homo devint Faber" de François Sigaut car contrairement à ce que nos charmants élus pensent du travail où ils ne voient que pénibilité voire aliénation, la notion de plaisir est indissociable de la notion de travail. Il serait grand temps qu'ils ouvrent leur esprit et qu'ils s'intéressent à autre chose qu'aux théories marxistes opposant le capital à la force de travail. Est-ce trop demandé ?

 

Mais Benoît Hamond va plus loin. Il souhaite taxer les robots sous prétexte qu'ils volent le travail des Humains. Cher Benoît, un robot n'a pas de frontière, il ne pense pas, il ne se sent pas Français, ce n'est qu'une machine qui peut se délocaliser sans aucun état d'âme. Il faudrait tout de même faire une distinction entre science fiction et réel, c'est tout de même indispensable lorsqu'on brigue le poste de Président de la République Française. Non ?

 

Tous nous parlent de révolution numérique qui entraînera une révolution du travail tel que nous le connaissons. Une révolution plus importante que le Taylorisme ? Prouvez le moi, j'ai des doutes !

 

Oui j'ai des doutes et il suffit de réfléchir quelques secondes pour s'apercevoir que cette soit-disante révolution ne changera pas l'ensemble des secteurs du travail. Il faut un sacré mépris de la "main" pour être convaincu du contraire ! Sans faire la liste exhaustive de tous les métiers manuels, et en s'intéressant seulement à cette révolution numérique, il faudra toujours des mains, du mineurs aux marchands, pour fabriquer et mettre en place ces nouveaux outils, ces nouvelles machines.

 

Je n'ai pas besoin d'être un énarque pour être certain que Benoît Hamond ne comprend rien à l'économie. Je suis tellement attristé par sa prestation lorsqu'il s'est indigné qu'une grande entreprise réalisant des millions de chiffres d'affaire ne soit pas plus taxée ! Benoît, voyons, il s'agit là d'une notion maîtrisée par les lycéens : il y a une différence entre chiffre d'affaire et résultat ! 

 

C'est affligeant, passons... Avant de passer aux aspects positifs, car il y en a, je souhaiterais souligner quelque chose qui me fait peur, c'est-à-dire le nivellement par le bas.

 

Avez-vous, chers lecteurs, fait attention aux allusions liées à la notion d'héritage Ces allusions sont encore une fois de la démagogie visant à diviser, ni plus ni moins. Ici est opposé la France paupérisée à la France des nantis. J'ai entendu les termes de capitalisation par héritage ! Mais être propriétaire de sa maison fait-il d'une personne un nantis ? Non, il s'agit tout simplement d'une personne qui aura payé sa maison, par exemple, via certainement un crédit qui lui aura coûté très cher. Une fois décédée, ses ayants droits hériteront de ce bien et, actuellement, devront payer des frais de successions voire d'autres taxes. La mort est déjà trop lucrative à mes yeux et par voie de conséquence trop dispendieuse pour une famille pour que ces actuelles ponctions morbides soient déjà inadmissibles.

 

Je note d'ailleurs qu'il est fort étrange de parler d'héritage en occultant la mort. C'est d'ailleurs un sujet que nos politiques n'évoquent que très rarement et je leur mets à disposition les réflexions suivantes :

 

Les rites de passages se réduisent dans notre société et je n'en vois plus que deux depuis que le service militaire à été supprimé : la naissance et la mort. La première, nous n'en avons pas souvenir et, réduction oblige, la seconde nous ne seront que souvenir.

 

Par contre, naître est gratuit et je me demande pourquoi mourir ne devrait pas l'être. Il s'agirait là d'une avancée sociale. Car en réalité, à moins d'être un psychopathe vénal, la mort est avant tout douleur pour la famille et non un moyen de capitalisation ! 

 

Et c'est bien là que mon opinion diffère de ce que j'ai pu entendre ce soir. La mort et l'héritage sont avant tout liés à la famille et non à des individus. Je n'emploie jamais ce terme "d'individu", ces connotations historiques et idéologiques ne me siéent guère. Je préfère parler de personnes car une personne est unique, une personne a un vécu, une histoire. En un mot, une personne n'est ni permutable, ni remplaçable.

 

Comment peut-on oser parler de capitalisation face au décès ? C'est tout simplement indécent et inacceptable. Que dire de cette dichotomie pauvres-riches chargée d'une idéologie révolue ?

 

Les autres candidats sont restés assez ternes et sans réels projets pour l'avenir. J'ai tout du moins trouvé la position de Sylvia Pinel intéressante face à l'archaïsme des idées passéistes de la gauche.

 

Quant à Vincent Peillon, je lui conseille vivement de prendre des cours d'ethnologie (d'anthropologie sociale, s'il préfère ce terme) à l'EHESS. Ceux qui auront regardé et écouté le débat comprendront... Par contre, je note avec intérêt que seul Vincent Peillon ait prononcé les termes "d'extrême gauche". C'est un fait si rarissime, qu'il était important de le souligner.

 

L' air amusé et condescendant de Manuel Valls lorsque Jean-Luc Bennahamias prenait la parole nous a donné un aperçu de sa personnalité profonde. Que dire du rôle du régisseur qui tout autant que Manuel Valls s'est régalé à mépriser le candidat écologiste sans cravate en divisant systématiquement l'écran en deux afin de nous convaincre que nous étions spectateurs face à un imbécile. Ce remake du "dîner de con" est tout simplement inacceptable.

 

Passons aux points positifs. Étrangement, je n'en ai noté qu'un seul et il ne concernait pas l'économie. Il concernait la démocratie et à moins qu'être démocrate soit synonyme d'être de gauche, ce qui serait absurde, je suis tout de même heureux que la reconnaissance du vote blanc ait été abordée. Enfin, devrais-je dire ! 

 

Quant aux notions de vote obligatoire et de tirage au sort concernant les citoyens-sénateurs, il s'agit là de pistes intéressantes qui font écho au film "Demain". L'auraient-ils visionné ?

 

J'espère que les prochains débats aborderont l'agriculture et le monde rural car c'est aujourd'hui que "Demain" se joue.

 

LE Xiao Long

樂小龍

Le sceau chinois de l'artiste peintre LE Xiao Long sur lequel est écrit 樂小龍 qui en Chinois veut dire joyeux petit dragon.

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