Du pinceau aux graines

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Je délaisse actuellement les pinceaux et l'encre car je travaille depuis 3 ans sur un projet qui me semble plus important.

 

Je reste peintre mais j'endosse une deuxième casquette pour partager mon expérience de l'Agriculture Naturelle sous le biais de l'Anthropologie des Techniques.

Trois années au service de la Terre

Réflexion sur l'intérêt d'une pelouse

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J'ai la chance, et j'en suis conscient, de vivre sur un grand espace.

 

J'aurais pu investir dans une tondeuse auto-portée pour couper l'herbe sur plus d'un hectare mais j'ai toujours regardé avec un sourire en coin les personnes qui passaient leur temps à tondre leur pelouse.

 

Cette réplique erronée de la Nature qui nécessite un investissement financier en matériel et en énergie est une vision bien Occidentale du monde végétal.

 

Lorsque je regarde une pelouse bien entretenue, je suis triste face à ce désert de couleur verte dépendante de l'énergie pétrolière ou nucléaire.

 

En 1990, en Angleterre, un ami m'avait montré sa tondeuse mécanique qui ne nécessitait que la poussée humaine pour fonctionner. Son désert vert n'était pas polluant mais il dépensait beaucoup de calories et de temps à l'instar des autres personnes utilisant une tondeuse thermique ou électrique.

 

Si vous appréciez passer vos weekends à tondre plutôt que de profiter de la vie, c'est votre choix et je le respecte. En fonction des heures légales pour tondre, le concert des moteurs se met en marche couvrant ainsi les bruits horribles de la Nature tel que le chant des oiseaux.

 

L'entretien d'une pelouse ne limite pas sa nuisance à la pollution sonore, pétrole ou nucléaire.

 

Certains d'entre nous arrosent leur pelouse, vous savez, avec cette eau potable qui sort de nos robinets. Comme toutes les plantes, la pelouse réagit de la même manière. Si elle est arrosée, son système racinaire deviendra fainéant et elle demandera un apport d'eau récurent ou jaunira dès les premières chaleurs.

 

Faisons abstraction du gaspillage d'eau et d'énergie. Nous n'en sommes plus à ça près.

 

Prenons l'exemple d'une famille qui vient de faire construire une maison. Elle se retrouve avec un terrain sans pelouse et décidera d'en implanter une. Je le comprends, il est plus agréable de marcher sur de l'herbe que dans la boue.

 

Mais ce terrain a été tassé par les bulldozers et la terre a été bouleversée. Les notions d'aérobie et d'anaérobie sont certainement pas la préoccupation première d'un chef de chantier et ça se comprend.

 

Cette famille se retrouve donc avec une terre affaiblie pour y semer la pelouse. Si elle opte pour un semis direct sans fertilisants chimiques, leur pelouse sera affreusement mal répartie. Mais considérons que cette famille soucieuse de l'environnement n'utilise pas d'engrais chimiques car elle sait que la pelouse s'établira au fil des années. C'est une famille patiente.

 

Par contre, l'arrivée de mauvaises herbes (je ne sais pas ce qu'est une mauvaise herbe, je tiens à le préciser) sera un échec pour les amoureux de pelouse. Trois options s'imposent : un désherbant chimique, un désherbage manuel ou ne rien faire.

 

Si le but est d'obtenir une pelouse digne de ce nom, la dernière option est à éliminer. Reste donc le désherbant et le désherbage manuel. Je vous laisse imaginer ce qu'est un désherbage manuel.

 

La pelouse idéale est une monoculture ni plus ni moins. J'ai souvent entendu mes amis se plaindre de l'arrivée du trèfle sur cet espace vert. Généralement, ce sont les adultes qui s'en plaignent, ceux qui ont un peu perdu leur âme d'enfant. Qui d'entre nous n'a jamais cherché de trèfles à quatre feuilles à l'époque des culottes courtes ?

 

Quelque soit les options choisies pour entretenir une pelouse, la tonte sera inévitable. Est-ce vrai ? Non. Etant partisan du Non-Agir, je laisse un espace herbeux pousser comme bon lui semble. Cet espace est assez grand, il doit faire un peu plus de 5000 m2.

 

A l'origine, il devait s'agir d'une pelouse mais au fil des années, cette pelouse qui était tondue plusieurs fois par an à l'aide d'un tracteur s'est transformée en espace herbeux contenant beaucoup d'espèces végétales différentes (ombellifères, menthes, trèfles etc.).

 

Fainéant comme je suis, j'ai adopté de charmants quadrupèdes : des chèvres et des moutons. Si vous êtes amoureux des rosiers et des jeunes arbustes, je vous déconseille vivement les chèvres. Mes chèvres naines taillent tout jusqu'à 1,50 m.

 

Chèvres et brebis vivent en parfaite liberté sur le terrain qui comprend notre maison. Il n'est pas rare que lorsque j'aère une pièce, une chèvre vienne nous rendre visite. C'est en été que les visites sont plus fréquentes car la fraîcheur intérieure les attirent. Les sept caprins (boucs et chèvres) ne viennent jamais tous ensembles.  Ils restent quelques minutes, demandent quelques grattouilles, jettent un coup d’œil sur la table basse pour vérifier qu'un morceau de pain ne traîne pas par là, puis s'en vont.

 

 

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"Pelouse" entretenue par les chèvres et les moutons. Photo prise le 5 août 2016.

Ma "pelouse" est donc entretenue toute l'année sans dépense de temps ni d'énergie fossile ou nucléaire. En fonction des mois, certaines zones sont bien tondues tandis que d'autres sont plus hautes. Les chèvres et les brebis sont très délicates dans le choix de leur alimentation. Mais une fois le restaurant 5 étoiles épuisé, elles s'attaquent aux herbes moins délicieuses.

 

Aujourd'hui, dimanche 31 juillet 2016, j'ai remarqué qu'Abby, une petite chèvre de deux ans, mangeait les feuilles de menthes une à une mais pas n'importe lesquelles. Son choix se fixe sur les feuilles qui se trouve près des hampes florales. Les chèvres ont aussi accès à un if, arbre toxique pour elles. J'ai remarqué qu'elles en consommaient en très petites quantités à certaines périodes. J'imagine qu'elles en ont besoin à ces moments précis.

 

Mais revenons à notre pelouse. Je suis conscient du fait que tout le monde ne peut pas s'occuper de moutons ou de chèvres pour l'entretenir. Mais quand je vois l'importance du trèfle qui fleurit pour les pollinisateurs, je me dis que c'est vraiment dommage de ne pas laisser sa pelouse monter un peu pour aider ces insectes qui nous nourrissent chaque jour gratuitement.

 

 

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Tomates n'ayant reçu qu'un seul arrosage à la plantation du pied. Hier, après plus d'un mois sans précipitation, il a enfin plu. Photo prise le 5 août 2016.

Mis à part le côté esthétique et artificiel d'une pelouse, quelle est son utilité ? Regardez comme ma pelouse est belle et mon réfrigérateur est vide ! Quand je vois que le prix au kilo de certaines tomates de saison avoisine les 6 Euros, je me dis qu'une pelouse coûte très chère.

 

Lorsque je dis cela à mes amis, ils me répondent souvent que l'entretien d'un potager prend du temps. Combien de temps passent-ils à tondre leur pelouse chaque année ? Franchement, faites le calcul sans même prendre en compte les coûts en essence ou en électricité.

 

Mais mes amis sont tenaces ! Ils me disent qu'un potager nécessite un labour manuel ou avec un petit motoculteur, des désherbages manuels ou à l'aide de désherbants chimiques, du compost, de l'eau pour arroser les légumes etc.

 

Alors, je leur ouvre les portes de mon potager. Je n'y pratique aucun labour, je ne désherbe pas, je n'utilise pas de compost et je n'arrose pas les arbres fruitiers, ni les légumes, ni les fleurs. Je n'utilise aucuns produits même pas ceux autorisés pour l'agriculture biologique. 

 

Concernant l'arrosage, je dois être honnête. Si je repique un plant de tomate ou un plan d'un autre légume, j'arrose une seule et unique fois pour la reprise mais c'est tout. Idem lorsque je plante un arbre fruitier, il n'a le droit qu'à un seul arrosage.

 

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Potiron rouge vif d'Etampes. Ce pied de potiron n'a été arrosé qu'une seule fois lors de la plantation. Il n'a jamais été pincé. Photo prise le 5 août 2016.

Ce type d'agriculture se nomme l'Agriculture Naturelle. C'est l'Art du Non-Agir et nous devons cette révolution à un paysan japonais du nom de Masanobu FUKUOKA. Il ne s'agit pas de permaculture.

 

Je vais utiliser mon site Internet pour y mettre toutes mes notes, mes espoirs et mes erreurs. Si vous désirez me suivre dans cette aventure que je mène depuis 3 ans, vous êtes les bienvenus.

 

Ne vous attendez pas à des articles écrits pour vous plaire, il s'agira avant tout de mon outil de travail que je laisserai à la disposition des curieux.

 

J'organiserai des conférences sur l'Agriculture Naturelle par le biais de l'Anthropologie des Techniques. Les premières auront lieu dès le printemps 2017. Je vous communiquerai les thèmes et les dates par le biais de ce site.

 

On ne fait pas pousser des arbres, des légumes ou des fleurs. On sème, c'est tout. La Nature se charge du reste.  

LE Xiao Long

樂小龍

sceau, chinois, LE Xiao Long, baron 33750, artiste peintre

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Commentaires : 2
  • #1

    Anne 35 (dimanche, 07 août 2016 02:23)

    Très intéressant :)

  • #2

    Murielle (vendredi, 12 août 2016 08:42)

    Intéressant de suivre la pousse de tes légumes!!!