Ecriture chinoise et son histoire

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Cet article vous donnera les bases concernant l'Histoire de l'écriture chinoise, du Néolithique jusqu'à nos jours mais aussi sur ce qu'est la calligraphie en Chine. J'espère que ce petit tour d'horizon vous donnera envie d'en savoir un peu plus sur cette langue où l'écrit est lié à l'Art. Vous y découvrirez, par exemple, ce que sont les tons, les clefs, les styles calligraphiques, etc. Un sommaire vous guidera tout au long de votre lecture. Un conseil, lisez la petite introduction intitulée "A lire avant d'embarquer". Bienvenue dans ce monde de l'écrit qui m'est cher et que votre voyage soit agréable !

Sommaire

A lire avant d'embarquer

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Qui songerait monter à bord d’une frêle embarcation pour traverser les océans sans avoir quelques notions de navigation, sans connaître les étoiles, sans se soucier des courants et des vents ?

 

J’ai imaginé ce que pourrait être ce genre de voyage sans quelques notions de navigation : 

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Calligraphie du caractère 馬 (cheval) - Interprétation libre en un seul trait de pinceau - LE Xiao Long - 2011 - sumie
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Calligraphie du caractère cheval au couteau et encre d'imprimerie - LE Xiao Long - 2011
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Cheval 馬 - LE Xiao Long - 2010 - sumie

Imaginez-vous seul un instant sur ce vaste océan d’encre, vous venez de quitter une terre carrée et vous regardez ce ciel rond.

 

Votre barque heurte une carapace de tortue ! Soudain, la mer s’agite, car d’un coup de pinceau Mazu (媽祖) s’exerce au style de l’herbe.

 

Prise de compassion, elle adopte le style régulier et les vagues se calment. Puis elle vous donne un pinceau et une boussole car elle est Chinoise.

 

Vous faites cap au Nord et vous vous retrouvez au Sud. Etrange, non ?

 

Là, horreur ! Un fantôme surgit de nulle part et déroule une langue énorme qui tente d’engloutir votre embarcation.

 

C’est à ce moment qu’un vieux Monsieur venu d’ailleurs saisit votre pinceau, le trempe dans l’encre puis trace un caractère sur la langue du monstre : . Le fantôme est instantanément attiré par le fond.  Le vieil homme dit se nommer Kongzi (孔子) puis disparaît.

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Calligraphie du caractère 馬 (cheval) - LE Xiao Long - 2011 - sumie
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Calligraphie du caractère cheval à l'encre de Chine et projection d'encre d'imprimerie - LE Xiao Long - 2011 - sumie
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Cheval - 2006 - LE Xiao Long - Tableau

Naturellement, ce petit voyage est volontairement obscur. Pourtant, pas une phrase n'est écrite au hasard.

 

Elles font toutes référence à l'Histoire, à la Mythologie, aux Techniques et aux Religions de l'Empire du Milieu.

 

J’espère que les notes qui suivent vous permettront de mieux apprécier vos premiers pas dans un monde où l’écriture et l’Art sont intimement liés afin que votre voyage ne ressemble pas à celui qui précède.

Chinois parlé, Chinois écrit

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La première distinction à faire sur la langue chinoise est celle du Chinois parlé et du Chinois écrit.

 

Le Chinois parlé se nomme 白話 (bái huà). Bien qu’il s’oppose à la langue écrite, le bái huà pouvait s’écrire (littérature populaire).

 

Le Chinois écrit, plus exactement le Chinois classique ou Chinois littéraire, est une langue exclusivement écrite, elle ne se parle pas.

 

La distinction entre le Chinois classique et le Chinois littéraire est une distinction d’époques. Le 古文 (gǔ wén) ou écriture ancienne se nomme aussi le 古典漢語 (écriture classique des Han – de la dynastie Zhou à celle des Han). Le chinois littéraire,  le 文言文 (wén yán wén) ou 文言  (wén yán), fut utilisé de la fin de la dynastie Han jusqu'au début du XXème siècle.

 

Signalons au passage le Chinois archaïque ou 上古漢語  (shàng gǔ hàn yǔ) concernant les textes plus anciens.

 

Le Chinois classique (ou littéraire) fut utilisé pour tous les écrits officiels jusqu'en 1920 date à laquelle le bái huà le remplaça.

 

Ce qui est important de retenir est l’existence de ces deux langues,

l’une écrite à forte tendance monosyllabique et l’autre orale plutôt polysyllabique. 

 

Pour mieux cerner les différences entre ces deux langues, voir le chapitre intitulé « L’écriture » [Pimpaneau Jacques : 1988]

 

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La langue chinoise actuellement

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La langue officielle en République Populaire de Chine est actuellement le 普通話  (pǔ tōng huà, la langue commune) ou le 漢語  (hàn yǔ, la langue des Hans) en référence à l’ethnie majoritaire Han. Il s’agit en fait du dialecte de Pékin.

Une langue tonale

La langue chinoise officielle est une langue tonale qui comprend 4 tons.

 

Le premier ton est le ton plat, le second le ton qui monte, le troisième le ton qui descend et qui monte et le dernier celui qui descend.

_

premier ton


/

deuxième ton


V

troisième ton


\

quatrième ton


Un même son prononcé avec un ton différent n’aura pas le même sens et les erreurs de ton amusent beaucoup les Chinois lorsqu'un étranger parle leur langue.

La réforme de l’écriture en Chine continentale

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En République Populaire de Chine, une reforme concernant l’écriture donna naissance à ce que nous appelons actuellement le Chinois Simplifié. (Projet de réforme lancé par Mao dès 1949, adopté en 1956, complété en 1964).

 

Exemples de simplification

Chinois traditionnel Chinois simplifié

图书馆

Cette simplification s’est appuyée, en grande partie, sur une simplification déjà existante : le style cursif simplifié qui permettait d’écrire plus rapidement. Mais avec cette réforme, c’est l’ensemble de l’écrit qui fut remanié (écriture cursive et écriture imprimée).

 

Traditionnellement, le Chinois s’écrit verticalement de haut en bas et de droite à gauche. La réforme changea aussi le sens de l’écriture : horizontalement et de gauche à droite.

 

Contrairement à la Chine continentale, Taiwan et Hong Kong continuent d’utiliser le Chinois Traditionnel

 

Outre cette réforme et les différences entre Chinois Simplifié et Chinois Traditionnel, ce qu’il est important de retenir est que le Chinois est une langue unifiée par l’écrit grâce à une grammaire pratiquement commune à tous les dialectes et à l’invariabilité des caractères.

Les langues orales

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En est-il de même pour l’oral ? Non. Il existe un nombre impressionnant de langues et de dialectes en Chine.

 

Une personne de Pékin ne peut dialoguer avec une personne de Canton parlant le Cantonnais, par exemple. Par contre, cette barrière n’est qu’orale car ces deux personnes pourront communiquer à l’écrit.

 

La transcription alphabétique

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La réforme qui a eu lieu sur le continent s’est accompagnée d’une tentative d’alphabétisation du chinois qui a donné naissance au système de transcription phonétique nommé Pinyin.

 

Par exemple hànyǔ pour 漢語.

 

Cette transcription utilise un alphabet où les tons sont notés sur les voyelles.

 

Cette transcription a ses limites, il suffit de penser qu’un même caractère se prononce de manière différente selon l’endroit où l’on se trouve en Chine pour le comprendre, sans parler des problèmes liés aux tons qui sont plus nombreux dans d’autres langues ou dialectes. (9 tons pour le Cantonnais, par exemple).

 

« Unification de l’écrit et pluralité orale » est une expression qui résume assez bien la situation de la langue chinoise. On peut comprendre alors l’importance de l’écrit et sa place dans l’Histoire la plus vieille du monde.

 

Ce souci d’unification par l’écrit ne date pas d’hier. Il faut remonter à la fondation de l’Empire (221 av. J. C.) par Qin Shi Huangdi 秦始皇帝 (Qín Shǐ Huángdì) qui mit fin à la période des Royaumes Combattants.

Bref historique de l’écriture chinoise

De 5000 à 3000 av. J. C.

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Il faut remonter au Néolithique pour trouver les premiers dessins géométriques sur poterie (Cf. culture de Yangshao ou culture de la poterie rouge). Mais l’écriture est absente.

 

Au stade actuelle de la recherche archéologique, le lien n’a pas encore été fait entre ces représentations graphiques et les premières écritures réalisées sur écailles et os.

Écritures sur carapace de tortues et os d’animaux (甲骨文- jiǎ gǔ wén )

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Les premières traces d’écriture actuellement connues sont celles datant de 1384 – 1025 av. J C. sous la dynastie Shang.

 

Cette écriture n’a été découverte que très récemment, en 1899 par WANG Yirong (福山縣). Suite à une ordonnance de son médecin comprenant des « os de dragon » (龍骨  lóng gǔ), WANG découvrit des inscriptions sur les os qu’il venait d’acheter.

 

Cette écriture sur os et écailles de tortue est une écriture divinatoire.

De l’écriture sur bronze (金文- jīn wén) au Petit Sigillaire

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Les premières écritures de ce type datent du X–IXème siècle av. J. C. (dynastie Zhou). On les retrouve sur des vases et autres ustensiles en bronze.

 

On peut alors commencer à parler de calligraphie. Le style calligraphique nommé style sigillaire (ou style des sceaux) est né : 篆書  zhuàn shū

 

Ce style sigillaire (篆書  zhuàn shū) évolue différemment selon les régions jusqu'à la fin des Royaumes Combattants (453-221 av. J. C.). Pendant cette période, il sera nommé « le Grand Sigillaire » ou « écriture des grands sceaux » (大篆  dà zhuàn).

écriture sigillaire pour le caractère chinois 字 enfant
Exemple d’écriture des sceaux pour le caractère 字

Le « Grand Sigillaire » cèdera la place au « Petit Sigillaire » (小篆  xiǎo zhuàn) lorsque Qin Shi Huangdi, après avoir unifié les différents royaumes, ordonna la réforme de l’écriture

Petite parenthèse :

 

Concernant la calligraphie et la fin des Royaumes Combattants, je vous conseille vivement l’excellent film de ZHANG Yimou (張藝謀   zhāng yì móu) intitulé « Hero » (英雄yīng xióng)

 

Ce film dont le personnage principal est interprété par Jet Li (李連杰Lǐ Liánjié) est, à mon sens, un hommage à la calligraphie chinoise.

 

C’est d’ailleurs la calligraphie du terme « épée » (劍    jiàn) qui est la clef du film.


L’écriture des scribes (隸書lì shū)

Le « Petit Sigillaire » a évolué en « Petit Sigillaire Cursif » pour des raisons liées à la multiplication des communications écrites. S’éloignant de plus en plus de son origine, il est devenu « l’écriture ancienne des Scribes » puis « l’écriture des Scribes ».

écriture des scribes pour le caractère chinois  字 enfant
Exemple d’écriture des scribes pour le caractère 字

Alors que dans les différents styles sigillaires, on recherchait une stabilité de l’écriture par l’épaisseur égale des traits, le style des Scribes cherche l’harmonie par l’inégalité de l’épaisseur et le rythme des tracés.

Les autres styles calligraphiques

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D'autres styles calligraphiques naissent : le style régulier (楷書kǎi shū), le style courant qui est une écriture cursive (行書 xíng shū) et le style de l’herbe (草書  cǎo shū) qui est une écriture cursive qui se distingue par sa liberté et légèreté d’expression. Dans ce dernier cas, les caractères sont difficilement reconnaissables. 

écriture cursive pour le caractère chinois 字 enfant en chinois
Exemple d’écriture cursive pour le caractère 字

Pour toutes ces transformations et ces différentes calligraphies, se reporter au livre de  CHEN Tingyou cité en bibliographie.

 

Ce qu’il est important de retenir est que tous les styles calligraphiques que nous venons de présenter ont été et sont encore utilisés par les calligraphes chinois.

D’autres « écritures »

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Derrière une femme peuvent s'en cacher 7 autres- LE Xiao Long - 2011

Pour terminer ce tour d’horizon, ouvrons ici une parenthèse sur d’autres formes d’écritures ou d’autres formes d’expressions liées à l’écriture.

 

Il existe une écriture dites des talismans que le Père Henri Doré a étudié au début du XXème siècle. Il s’agit d’une écriture où se mêlent caractères chinois, figures géométriques, symboles et, à mon sens, tous les styles calligraphiques. Cette écriture était utilisée par les prêtres taoïstes et les moines bouddhistes.

 

Rebondissant sur les symboles, il existe aussi une tradition liée à l’expression à l’aide de représentations graphiques, symboles et de dessinsEdouard Chavannes les caractérise comme étant une sorte de rébus.

 

J'ai beaucoup été influencé par les écrits de Chavannes et certaines de mes encres sont des rébus, comme celle qui se trouve à gauche de votre écran et qui s'intitule "Derrière une femme peuvent s'en cacher sept autres."

 

Une autre forme d’écrit est l’écriture médiumnique. Je n’ai malheureusement pas trouvé de sources bibliographiques sur le sujet, mais je pense qu’en cherchant dans les écrits de Joël Thoraval, vous pourrez combler cette lacune.

 

Pour finir, j’ai constaté, lors de mon terrain à Taiwan, une autre interférence inattendue liée à l’écriture : celle qui se trouve dans le langage des signes des sourds-muets.

 

La parenthèse est fermée.

Composition des caractères chinois

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En schématisant, il existe trois principaux types de caractères :

 

Les pictogrammes : caractères composés d’un dessin plus ou moins réaliste.

 

Les idéogrammes : caractères composés d’un ou plusieurs « symboles » (ou clefs)

 

Les idéophonogrammes : caractères composés d’un élément que l’on peut qualifier de phonétique et d’un autre de sémantique (qui donne du sens) par le biais de la clef (du radical). 

Les clefs (ou radicaux)

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Les clefs sont au nombre de 214. Elles sont classées par nombre de traits. Les premières clefs ne comportent qu’un seul trait, la dernière en comporte 17.

1 trait


17 traits


Les clefs sont très utiles pour la recherche d’un caractère dans un dictionnaire

 

Imaginons que vous cherchiez le caractère 說 (shuō : parler). Il vous faut repérer la clef.

 

Ici, la clef se trouve être le premier élément 言 composant le caractère.

 

Une fois la clef trouvée, il faut compter le nombre de traits qui la composent.

 

言 comporte 7 traits

 

Maintenant que vous savez que votre clef comporte 7 traits, vous vous reportez au tableau des clefs qui se trouve dans votre dictionnaire et vous la retrouvez facilement parmi les 213 autres. Rappelons qu’elles sont classées par nombre de traits.

 

Une fois la clef trouvée, le tableau vous indiquera la page où vous devez chercher tous les caractères qui contiennent cette clef.

 

Maintenant que vous êtes à la bonne page, vous vous trouvez face à tous les caractères composés avec la clef 言. Cette liste est également classée par nombre de traits. Il vous reste à calculer combien de traits compose le reste du caractère 說 (la partie droite du caractère) : ici, il y a également 7 traits qui composent la deuxième partie du caractère.

 

Ce qu’il est important de retenir est qu’un caractère est composé de traits qu’il faut apprendre à reconnaître et à compter et qu’il faut aussi savoir repérer les clefs qui sont au nombre de 214.

Comment écrire en Chinois

L’ordre des traits

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Les traits de caractères s’écrivent selon un ordre et un sens précis

 

Les règles principales sont les suivantes : de gauche à droitede haut en bashorizontal puis verticalremplir les carrés avant de les fermer.

Différence entre écriture et calligraphie

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Le calligraphe doit, non seulement respecter l’ordre des traits, mais son pinceau doit également emprunter un chemin plus complexe que celui que suivrait la pointe d’un stylo. 


Pour calligraphier un caractère, on doit se représenter un carré imaginaire dans lequel on l’équilibre harmonieusement.

Carré symbolisant l'espace pour écrire un caractère chinois de manière harmonieuse.
Carré divisé en 9 parties servant de repère pour écrire un caractère

Ce qu’il faut retenir est que les traits ne s’écrivent pas dans n’importe quel sens et qu’il y a un ordre à respecter.

La calligraphie

Les quatre trésors

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Bâtonnet d'encre solide, pierre à encre, pinceau calligraphique et sceau.

On désigne sous cette expression les quatre éléments indispensables au calligraphe, à savoir, l’encre, la pierre à encre, le papier et le pinceau.

 

Notez que sous le terme encre, il s’agit en fait d'un bâtonnet d’encre solide qui nécessite l’utilisation de la pierre à encre.

 

Sur la photo ci-contre, le bâtonnet d'encre se trouve en bas à gauche. Au centre, la pierre à encre avec son couvercle décalé sur la gauche.

 

Le pinceau calligraphique est reconnaissable. A droite, il s'agit de l'un de mes sceaux.

Des règles strictes

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Femme et dragon - LE Xiao Long - sumie

Naturellement, des règles strictes régissent la tenue du pinceau et le chemin que celui-ci doit emprunter pour réaliser un caractère.

 

Mais l’on rencontre dans l’histoire de la Chine, des calligraphes hors normes, des « fous de calligraphie » qui, à l’écart de toutes conventions, ont exprimé leur génie.

 

L'encre ci-contre s'inspire de la calligraphie de l'herbe. Il s'agit du caractère Dragon 龍 auquel j'ai rajouté les quatre points de l'anatomie féminine, d'où son intitulé "Femme et Dragon".

 

Si vous souhaitez lire l'article "Femme et Dragon, une histoire d'amour", cliquez sur le lien.

  

 

Ce qu’il faut retenir est que règles et démesures sont les seules frontières de la calligraphie, n’en déplaise aux puristes et canons de toutes sortes.

 

.

 

Peinture et calligraphie

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La calligraphie chinoise est intimement liée à la peinture. Une peinture se conçoit difficilement sans l’adjonction de quelques caractères calligraphiés.

 

Un calligraphe est souvent un grand peintre. On attend d’un calligraphe qu’il soit spécialisé dans un autre type d’art, qu’il s’agisse de la peinture, de la musique ou de la poésie voire de la sculpture.

 

Une calligraphie s’admire au même titre qu’une peinture.

Omniprésence de la calligraphie

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La calligraphie est omniprésente en Chine. Elle rythme la vie des Chinois de la naissance à la mort.

 

On la retrouve sur les emballages, les vêtements, les affiches publicitaires, les enseignes de magasins, la moindre petite étiquette, les billets de banque, les tombes, etc.

Orientation bibliographique commentée

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Calligraphie intitulée 中國 (la Chine) - Un trait pour le 中, un trait un point pour le 國 - LE Xiao Long - 2011 - sumie

J’espère vous avoir donné envie d’en connaître un peu plus sur la Chine, son histoire et son écriture.

 

Pour obtenir de bonnes bases concernant l’histoire de la Chine, je conseillerais vivement de commencer par deux petits livres bien écrits : « La Chine Ancienne » de Jacques Gernet  et « La Chine Impériale » de Denys Lombard

 

Après ces deux lectures, si vous avez attrapé ce virus si plaisant, un second livre de Jacques Gernet, « Le Monde Chinois » vous semblera incontournable, . 

 

Concernant l’écriture, l’ouvrage de Viviane Alleton « L’écriture chinoise » est plus que conseillé. Dans « Chine – Culture et Traditions » de Jacques Pimpaneau, vous trouverez un chapitre sur l’écriture, mais c’est l’ensemble de l’ouvrage qui est intéressant pour découvrir la Chine.

 

Je suis content d’avoir pu glisser dans cette petite bibliographie deux textes de Edouard Chavannes, l’un concernant l’écriture sur écaille de tortue, l’autre sur une autre forme d’expression, qui déborde certes du sujet de l’écriture, mais qui n’est pas moins intéressant : « De l’expression des vœux dans l’art populaire chinois ».

 

Comme nous l’avons vu, il est aussi possible de s’intéresser à une autre forme d’écriture, celles des talismans dont traite le P. Henri Doré dans « Recherches sur les superstitions en Chine ». L’ensemble de cette étude sur les superstitions comprend 18 volumes qui furent écrits pendant la première moitié du XXème siècle.

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Tigre et Dragon (Hommage à la Chine du Sud et du Nord) - LE Xiao Long - 2009 - sumie

Concernant la calligraphie, je n’ai retenu que quatre ouvrages : 

 

« La Calligraphie Chinoise » de CHEN Tingyou pour le fond, la forme étant, à mon avis, un peu « daté » ou plus exactement « teinté ». Il vous suffira de comparer le passage sur la découverte des écritures sur écaille de tortue avec le texte de Chavannes pour comprendre. Il s’agit tout de même d’un bon livre sur la calligraphie chinoise.

 

Pour les amoureux des beaux livres, celui des Musées d’Art et d’Histoire de Genève est un petit trésor pour les yeux. Une grande partie de cet ouvrage est consacrée à la calligraphie, en passant par les pinceaux, l’encre, les sceaux, etc.

 

L’ouvrage de Hsiu-Ling CHAN PINONDEL sur les « Mille caractères dans la calligraphie chinoise » présente le Qianziwen (千字文 : qiānzìwén), un classique pour l’apprentissage des caractères chinois qui fut écrit vers le début du VIème siècle et encore utilisé de nos jours. Ce classique est composé de mille caractères différents et présente six styles graphiques différents, du grand sigillaire à l’écriture cursive moderne.

  

Et pour finir,  « Calligraphie et Surconscience Créatrice en Chine » de Riccardo JOPPERT où l’auteur analyse, entre autre, un style de calligraphie particulier qu’il nomme « calligraphie cursive furieuse ».

LE Xiao Long

樂小龍

Le sceau chinois de l'artiste peintre LE Xiao Long sur lequel est écrit 樂小龍 qui en Chinois veut dire joyeux petit dragon.

Bibliographie

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ALLETON Viviane, 2002, L'écriture chinoise, 6ème édition, Paris, PUF, Que sais-je ?

 

CHAN PINONDEL Hsiu-Ling, 2006, Mille caractères dans la calligraphie chinoise – Analyse historique et artistique du Qianziwen, Editions You-Feng, Paris, 222 pages

 

CHAVANNES Ėdouard, 1911, La divination par l’écaille de tortue dans la haute antiquité chinoise (d’après un livre de M. Lo Tchen-Yu), in Le Journal Asiatique, Sér. 10, T. 17, pp. 127-137 

 

CHAVANNES Ėdouard , 1922, De l’expression des vœux dans l’art populaire chinois, Editions Bossard, Paris,  44 pages + 14 planches hors-texte.

 

CHEN Tingyou  陈 廷 祐 (retour au texte), 2003, La Calligraphie Chinoise, Pékin, China International Press, Cultural China Series, 127 pages 

 

DORĖ Henri (P.), 1995 (1911-1938), Recherches sur les Superstitions en Chine, Tome V, La lecture des talismans chinois, Editions You-Feng, Paris, 93 pages.

 

GERNET Jacques, 1964, La Chine Ancienne, Paris, PUF, Que Sais-je ?, 124 pages

 

GERNET Jacques, 1972, Le Monde Chinois, 2ème Edition, Paris, Armand Colin, 699 pages

 

JOPPERT Riccardo, 2005, Calligraphie et Surconscience Créatrice en Chine – Le Kuangcao de Huaisu [VIIIe siècle], Paris, Editions You-Feng, 202 pages

 

LOMBARD Denys, 1987 (1967), La Chine Impériale, PUF, Que Sais-je ?, 126

 

 

MUSĖES D’ART ET D’HISTOIRE GENEVE, 2004, A l’Ombre des Pins – Chefs-d’œuvres d’art chinois du Musée de Shanghai, Paris, Somogy éditions d’Art, 247 pages

 

 PIMPANEAU Jacques (retour au texte), 1988, Chine – Culture et traditions, Editions Philippe Picquier, Arles, 368 pages. 

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