Artiste peintre sculpteur |
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En relisant mon C.V., je me suis mis à la place de quelqu'un qui ne me connaissait pas... et je me suis dit : "Qui est ce type qui fait de la peinture, qui a enseigné le Français, qui a fait de l'ethno... et qui garde ses enfants !" Alors, afin d'éclaicir mon parcours (c'est faux, c'est sourtout pour brouiller encore plus les pistes...), j'ai décidé d'ajouter cet avertissement en incluant quelques annecdotes concernant certains "métiers" que j'ai exercés mais qui ne figurent pas dans ce C.V. Vendeur de Bougies : Faire du porte à porte en vendant des bougies qui soi-disant ne s'usent pas et sont rechargeables... c'est difficile ! Surtout quand on n'aime pas mentir ! J'avais trouvé une annonce dans un journal gratuit. Comme j'avais vraiment besoin de gagner de l'argent, je m'étais présenté le lendemain au point de rendez-vous. Nous étions une dizaine de pauvres types dans le même cas. Notre formation a duré une heure ! L'objectif était simple : faire du porte à porte pour vendre des bougies ! L'argument de vente : se faire passer pour de jeunes artisans provinciaux qui avaient besoin d'un certain nombre de ventes afin d'obtenir le droit d'exposer nos produits sur Paris ! N'importe quoi ! Naturellement, nous n'étions payés qu'à la commission et le pourcentage n'était guère élevé ! Le prix des bougies était exorbitant à l'époque, dans les 100 Francs ! Ces bougies étaient soi-disant rechargeables, l'extérieur ne fondant pas ! Foutaise ! Nous pouvions même vendre des recharges ! Je vous laisse deviner le prix du petit sachet de granules... Pour couronner le tout, si l'une des bougies se trouvait être légèrement ébréchée, nous devions la rembourser de notre poche ! Le plus écoeurant dans cette histoire est que nous étions parachutés dans les quartiers les plus pauvres ! Et oui ! Qui va acheter une bougie qui ne fond pas dans les 15 Euros ? Les pauvres, naturellement ! Ceux qui comme nous avaient besoin d'argent ! Les habitants des quartiers résidentiels nous auraient foutu à la porte un coup de pied dans le cul ! Mais les pauvres ? Non ! Nous étions dans le besoin, nous devions faire un certain nombre de ventes... en un mot, nous étions dans la merde. Et ça, les pauvres le comprennent, c'est leur quotidien ! Alors entre pauvres, on s'entraide ! Je me souviens encore de ma première vente et de cette dame qui m'a acheté la bougie... Elle voulait faire plaisir à sa fille ! Elle voulait même acheter des recharges ! Le soir même, en rentrant chez moi, j'en étais malade ! Je ne suis jamais allé chercher ma commission... La misère s'exploite et s'entretient, elle génère de l'argent. Vendeur de services en porcelaine : Toujours le même problème, celui d'avoir besoin d'argent ! Même type d'annonce ! Allez ! On recommence ! Même type de formation ! Je n'ai tenu que 3 jours et heureusement je n'ai rien vendu ! Le système était encore mieux rodé. Il fallait vendre un petit service en porcelaine (à un prix assez élevé) à crédit (et oui ! toujours la même cible : les pauvres !). Le jour de la livraison, ce n'était pas le vendeur qui livrait mais un Super Vendeur, un magicien de la prise de tête ! Moralité, le petit service en porcelaine du départ se transformait en somptueux service avec toutes les options possibles et imaginables ! Résultat des courses, le petit crédit devenait somptueux, lui aussi ! Diseur d'insultes : Ha ! Je n'ai exercé ce métier que 4 heures mais j'avoue ne m'être jamais autant amusé (au boulot !). En 1991, mon épouse et moi habitions Taiwan. Nos revenus étaient plutôt faibles et nous n'hésitions pas à trouver des petits boulots à droite à gauche pour arrondir les fins de mois. Un jour, la directrice de l'école où nous donnions des cours de Français nous dit : "J'ai un super plan pour vous. Enregistrer des insultes en Français pour un vendeur de gadgets !". Le gadget en question était une sorte de petit boîtier destiné aux automobilistes sur lequel se trouvaient plusieurs boutons. A chaque bouton correspondait une insulte. Le principe était simple : plutôt que de se salir la bouche en insultant un autre automobiliste, il suffisait d'appuyer sur l'un des boutons pour que l'insulte pré-enregistrée sorte du boîtier. Lorsque nous sommes arrivés dans le studio d'enregistrement, une liste d'insultes en Anglais nous attendait. Il fallut d'abord la traduire puis faire des essais. Le problème avec les traductions était que certaines insultes devenaient trop longues en Français et que l'insulte type ne devait pas dépasser une certaine longueur dans le temps. Il faut imaginer la scène avec les dirigeants de l'entreprise qui étaient près de nous et restaient très sérieux mais aussi avec les 3 types munis de casques derrière leur vitre qui enregistraient nos insultes d'un air très professionnel ! Nous avons recommencé je ne sais combien de fois l'enregistrement car nos voix étaient tantôt trop timides, tantôt trop lentes (sans compter les éclats de rire). Ils nous fallait être teigneux ! Les versions anglaises, espagnoles et italiennes existaient déjà. Mais comme nous étions Français, l'un des dirigeants eut soudain une idée. Il lui fallait aussi la version romantique du gadget avec des mots d'amour ! C'était reparti pour un tour ! Pendant les pauses, nous nous demandions si nous n'étions pas les victimes d'une caméra cachée ! Porteur et Perçeur de coffres-forts : Une mission d'Intérim parmi tant d'autres... "Votre mission, si vous l'acceptez, sera de porter des coffres et d'en percer d'autres. Dans le cas où vous n'y arriveriez pas, nous nierions toute responsabilité !" La mission était simple... Pourtant, le troisième jour, j'ai failli mourir ! Ce matin là, tout avait mal commencé ! Il fallait sortir un coffre d'une salle des coffres d'une banque. Nous étions deux pour le sortir. Nous étions au sous-sol et naturellement, il n'y avait pas d'assenceur pour rejoindre le rez-de-chaussée. Je ne sais pas si vous le savez mais... un coffre d'environ 1m70 de haut, c'est très lourd ! Mon collègue, qui était un véritable porteur de coffre, me dit : "Ne t'inquiète pas, tu vas y arriver ! C'est les jambes qui portent ! C'est facile !" J'avais beau lui dire le contraire... je me retrouvai sanglé, prêt à jouer les porteurs de coffre ! Dès la première marche... Horreur ! Mes jambes ont lâché ! J'ai eu très peur car une de mes jambes s'est retrouvée entre le coffre et la première marche ! Je n'ai rien eu ! Incroyable ! Je me souviens de la phrase qu'a prononcée mon collègue après m'avoir dégagé : "T'es pas un porteur, toi !" N'étant plus considéré comme "Porteur", l'après midi, on me confia un tache plus simple : ouvrir l'un des coffres d'une colonne dans une salle des coffres d'une banque. Simple, non ? La banque en question avait décidé de changer ses colonnes de coffres mais, ayant perdu l'une des clefs, il fallait ouvrir ce dernier petit coffre. J'avoue que c'est assez jouissif de fracturer un coffre dans une banque, en toute légalité. Il n'y a que dans les films où les coffres cèdent facilement. La réalité est toute autre... Avant d'arriver à faire sauter les protections qui donnent accès aux vis qui permettent par la suite d'ouvrir le coffre, il faut en donner des coups de marteau ! Mais, une fois les fameuses vis apparentes, il faut déloger la petite bille d'acier collée dans la tête de la vis sans quoi, aucun perçage n'est possible. Là encore, il faut en donner des coups de marteau sur le burin... Ce qu'il faut savoir, c'est que le poids d'un coffre est concentré sur la porte elle-même... je l'ai appris à mes dépens ! Ce que je ne savais pas, était que toutes les portes des autres coffres n'étaient pas condamnées. Et ce que je savais pas non plus, était que la colonne avait été désolidarisée du mur par un autre collègue... Perché en haut de mon escabot, je tapais donc comme un malade sur "mon" coffre. Mais à chaque coup, les portes des autres coffres de la colonne s'ouvraient imperceptiblement. Et puis, le drame ! Le poids des portes ouvertes a fait basculer la colonne ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai eu le bon réfexe et j'ai retenu la colonne sur son point d'équilibre ! Je ne sais combien de temps je suis resté ainsi les bras en l'air, beuglant comme un malade afin que quelqu'un vienne remettre la colonne en place... ça m'a paru interminable ! Pour finir en beauté, j'ai terminé ma soirée à l'hôpital pour me faire retirer la limaille d'acier que j'avais reçue dans les yeux lors du perçage... Le médecin qui m'enlevait les particules d'acier m'a demandé "Comment vous vous êtes fait ça ?". J'ai pris un malin plaisir à lui répondre "J'étais en train de percer un coffre dans une banque..." Je vous laisse imaginer sa réaction ! Prof d'anglais de nationalité canadienne !!! : Les deux heures les plus longues de ma vie... J'étais alors prof de français dans un bushiban (école dispensant des cours du soir) à Taipei. La directrice était très ennuyée car elle avait accepté de prendre 3 étudiants pour des cours d'anglais mais le professeur d'anglais n'était pas disponible. Elle insista pour que je prenne la place du prof manquant. En 1991, mon anglais était loin d'être bon ! Mais, elle m'assura qu'il s'agissait d'un cours pour ultra débutants qui ne connaissaient presque pas un seul mot d'anglais ! Deux heures bien payées pour faire réciter l'aphabet en anglais et faire répéter quelques phrases simples, pourquoi pas ! Mais... la directrice insta aussi pour que je travestisse ma nationalité ! Il ne fallait surtout pas que je dise que j'étais français, je devais me présenter comme étant canadien venant de Toronto... Le soir même, le canadien de Toronto arrivait à l'école. Cela dit en passant, je ne savais pas situer Toronto sur un carte du Canada... mais nous étions en Chine et nous n'allions pas parler du Canada ! Enfin, c'est ce que je pensais en attendant mes étudiants Ultra Débutants. Lorsque j'ai vu débarquer mes trois étudiants, j'ai commencé à douter de la véracité des propos de la directrice. Les trois personnes qui venaient d'entrer n'étaient pas le genre d'étudiants que j'attendais. Ils étaient bien plus âgés que les étudiants habituels qui eux ne portaient jamais de costume cravatte ! Mais là, j'ai tout de suite eu l'impression d'être en face de trois businessmen ! "Hi ! My name is Pat, I come from Toronto...." Je me suis donc présenté et je leur ai demandé de se presenter à leur tour... Là ! Le Choc ! Leur anglais était bien meilleur que le mien ! Ils étaient "fluent" ! Ils parlaient couramment l'anglais !!! Je n'étais pas au bout de mes surprises ! Tous les trois revenaient de Toronto où ils avaient suivi un séminaire en informatique pour le compte de leur société. J'étais mal... surtout lorsqu'ils ont commencé à me dire "nous avons eu le temps de visiter ceci, cela... vous connaissez ? Vous habitez où à Toronto ? Dans ce genre de situation, j'utilise à la lettre ma devise (que je suis le seul à comprendre) : "Il faut réfléchir peu mais bien !". Pour éviter le piège sur Toronto, j'ai utilisé le "déguisement de prof d'anglais" pour leur préciser que je n'étais pas ici pour parler de moi mais pour les entendre parler afin d'apprécier leur niveau d'anglais pour que je puisse mieux préparer les prochaines séances. Quelle pirouette ! Le pire m'attendait ! Ils m'expliquèrent qu'ils étaient venus ici afin que je leur donne des éclaircissements sur un document qu'ils avaient rapporté de leur fameux séminaire de Toronto ! Pourquoi pas ? Une petite explication de texte, c'était dans mes cordes... mais... c'est à ce moment là que je remarquai sur les tables la présence des trois gros "documents", trois énormes bouquins constitués de feuilles A4 reliées par des spiralles ! Ils en sortirent un quatrième pour moi ! Je ne compris pas le titre du document... j'ouvris les pages et là ! sous mes yeux ! une langue complètement inconnue ! de l'anglais technique sur l'informatique ! En fait, ces trois businessmen travaillaient pour IBM, ils revenaient de Toronto où ils avaient suivi un séminaire concernant la force de vente du dernier ordinateur arrivant sur le marché ! J'ai regardé ma montre... c'était l'heure de faire une pause ! J'étais sauvé... j'allais avoir dix minutes devant moi pour échaffauder un plan de sauvetage et fumer un clope bien méritée. Mais... mes trois étudiants (je devrais dire professeurs !) m'ont suivi et m'ont accompagnés pendant cette pause ! Et ils m'ont harcelé de questions ! De retour en classe, j'ai finalement accepté de parler de Toronto ! Lorsque je suis sorti de l'école, ma tête allait exploser ! Je n'ai pas pris le bus pour rentrer chez moi, j'ai traversé Taipei à pied histoire de décompresser... Petite Conclusion : Derrière un C.V. s'en cache un autre ! Derrière une certaine forme de liberté se cache un certain prix à payer ! Mais le plus important est de se donner les moyens de réaliser les projets qui nous tiennent à coeur. Motif de la brièveté de ma carrière (mis à part ma tête) : pas assez de poils sur la poitrine ! (J'en connais qui vont se foutre de moi !)
D.E.A. d'Ethnologie et d'Anthropologie Sociale - 1998 Diplômé de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales - 1997 Espagnol : lu, écrit, parlé Chinois (mandarin) : lu, écrit, parlé
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