Artiste peintre sculpteur |
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Hier soir, je suis allé au vernissage du 28ème Salon d'Automne à Gisors. Je me passerais volontier de ce rituel où les petits fours et les boissons ont souvent raison de l'Art... Je me suis donc habillé pour la circonstance, c'est-à-dire que j'ai essayé de trouver un Jeans avec le moins de taches de peinture possible, un pull non troué et ma veste en daim que j'adore malgré les deux traces vertes d'acrylique sur l'épaule gauche :) Côté rasoir... comme d'habitude, je ne l'ai pas trouvé... enfin, je n'ai pas dû le chercher longtemps... Dès l'entrée, j'ai remarqué deux dessins exécutés à la mine de plomb, deux portraits de vieillards asiatiques, une femme et un homme ridés par le temps et le soleil. Ces deux portraits ont fait rejaillir des souvenirs liés à Taiwan. Puis, je me suis frayé un chemin pour regarder les différentes oeuvres exposées. Certains tableaux sont très réussis d'un point de vue technique, harmonie des couleurs, etc. En un mot, j'ai vu de beaux tableaux... et c'est là que j'ai réalisé que je ne peignais pas pour faire du beau ! Lorsque j'ai aperçu mes deux toiles, au bout de l'aile droite de l'expo, j'ai trouvé qu'elles ressemblaient à des intrus ! Surtout "Dormir Dehors Tue" ! Je me suis mis à l'écart afin de regarder les réactions des gens face à cette toile. C'est très instructif ! La majorité des personnes ayant posé le regard sur ce tableau ont eu un réflexe consistant à détourner le regard dès que, je pense, le message inscrit sur la feuille entourée de noir à la manière d'un faire-part de décès était lu. Certains ont carrément eu un réflexe si fort que leur corps tout entier à fait un quart de tour, comme pour éviter cette toile ! La réaction qui m'a le plus amusé fut celle d'une dame âge, certainement très coquette ou ayant simplement oublié ses lunettes : elle s'est approchée très près du tableau afin de déchiffrer les trois mots inscrits sur l'espace blanc entouré de noir... puis précipitemment quitta les lieux à une vitesse impressionnante, vu son grand âge ! Les gens étaient venus voir du beau... et qu'est-ce que je leur propose ? Du beurk, du pas beau, du laid, du simple, de l'absence de détails, trois mots, un crâne ouvert et vide, du bleu, un corps replié... Il fera froid cet hiver, comme tous les hivers. On apprendra à la radio, comme tous les ans, la mort d'un homme, d'une femme ou d'un enfant ayant succombé aux basses températures. L'hiver meurtrier arrive ! Montez le chauffage, enfilez vos gros manteaux. Je hais le froid car je le connais... Ceux qui sont allés à Stetten en Allemange en plein hiver me comprendront ! Stetten est surnommée "La petite Sébérie"... Le froid vous vide la tête, il recroqueville le corps, il déchire les doigts, il pénètre tellement sous les ongles que l'on a envie de les arracher, il contracte tellement la machoire qu'il vous donne l'impression que vos dents vont céder sous la pression. Je l'ai combattu pendant une éternité... deux heures seul dans une cabane où la neige s'infiltrait avec le vent, les vêtements trempés par la neige... bloqué à cause de deux tendinites qui m'empêchaient de marcher. J'ai même cru un moment que l'ami du 110ème RI qui m'avait planqué là ne reviendrait pas. Il est revenu au bon moment, j'étais sur le point de m'endormir. Le froid, c'est comme la faim, il faut l'avoir connu pour savoir de quoi on parle. Sinon ? Sinon, on tourne les talons, on détourne le regard, on n'a pas envie d'en entendre parler. Le Xiao Long
08-11-2008 |
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